CHAPITRE PREMIER
irmnication pendant cinq minutes, l’aiguille est revenue à 76°, 5o. Cette expérience, répétée trois heures après, a donné, comme la première fois, 76°, 5o ; ensuite elle n’a plus varié pendant 2/} heures. Cette légère différence obtenue dans les premiers instants, est due à faction de l’acide et de l’alcali sur les corps étrangers adhérents aux lames de platine.
Ce résultat, c’est-à-dire, cette permanence dans l’intensité du courant, nous annonce un fait assez important, c’est que les surfaces de platine ne se polarisent pas sensiblement dans les circonstances ôù nous opérons.
Il est facile de se rendre compte de l’effet sensiblement constant de cet appareil : on sait que les lames métalliques décomposantes faisant partie d’un circuit voltaïque, et plongeant dans une solution, se polarisent de manière à produire un courant dirigé en sens inverse du premier. La polarisation de chacune de ces lames consiste dans le dépôt des éléments transportés sur sa surface par le courant, et dont la nature dépend de la position de cette lame par rapport aux extrémités de la pile. Tant que ces éléments restent en contact avec la lame, il y a un courant dirigé en sens contraire du courant primitif; mais si la substance est entourée d’un liquide qui ait une forte affinité pour elle, elle se combine avec lui et la lame est aussitôt dépolarisée. C’est précisément ce qui arrive dans les différents éléments de la pile (pie nous décrivons; la lame de chaque couple qui plonge dans l’acide étant le pôle négatif, attire l’alcali du sel marin et du nitrate de potasse formé, lequel se combine immédiatement avec l’acide environnant. De meme, l’acide du sel marin et ceiui du nitrate de potasse est transporté sur la lame positive et se combine avec l’alcali environnant. Il 11’existe donc pas, à proprement parler, de polarisation ; aussi il n’y a pas de raison pour que la pile éprouve des variations tant que' la combinaison de l’acide avec l’alcali, par l’intermédiaire du tube recourbé, s’effectue d’une manière lente et régulière.
DE LE PJLE A COURANT CONSTANT
ia55. Pour donner une idée des effets qui proviennent de la polarisation des lames, nous rapporterons les expériences suivantes, faites successivement avec un, deux, trois, quatre couples, en dirigeant le courant dans une solution de sel marin, au moyen de deux lames de platine, et plaçant un multiplicateur dans le circuit (fig. 8).
Avec un couple, l’aiguille aimantée a été chassée, à l’instant ou le circuit a été fermé, à 3^°; elle s’est arrêtée à 5°; peu à peu la déviation a diminué, et dix minutes après elle était nulle. En interrompant la communication avec le couple et la rétablissant immédiatement, l’aiguille aimanlée n’a pas été déviée; en ne la rétablissant qu’au bout d’une demi-heure, l’aiguille a été de nouveau chassée
Avec deux couples, à l’instant de la fermeture du circuit, l’aiguille a été toucher le point d’arrêt;
Deux minutes après elle s’est arrêtée à. . 25
Cinq minutes après à . 18
Cinq minutes après à 16
Trois couples .
Première impulsion ; l’aiguille touche l’arrêt :
Deux minutes après 62
Cinq minutes après 28
Cinq minutes après 21
Quatre couples .
Première impulsion; l’aiguille touche l’arrêt : Deux minutes après, l’aiguille est chassée à 56
Cinq minutes après, à 35
Cinq minutes après, à 3o
On voit que les effets de la polarisation sont d’autant moindres que l’on opère avec plus de couples.
Il est facile d’expliquer pourquoi , avec un couple, les lames de platine sont polarisées en peu d’instants, au