‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 145 sur 208 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sont fermées avec des couvercles en platine, pouvant s’enlever facilement et percés d’un grand nombre de petites ouvertures d’un millimètre de diamètre. Dans l’intérieur de ces couvercles on met du coton pour empêcher l’argile de s’échapper par les petites ouvertures. On voit sur-le-champ que l’acide de la partie AB, dès l’instant qu’il réagit sur le liquide du tube B B', prend l’électricité positive, qu’il transmet à la paroi environnante; de même, la paroi du tube B' A' s’empare de. l’électricité négative de l’alcali. Pour faciliter cette transmission de l’électricité de l’argile humide au platine, on mêle cette argile avec une quantité plus ou moins considérable de platine en poudre.

Les choses étant ainsi disposées, si l’on fixe des fils de platine aux crochets 1 1\ ces fils peuvent servir à transmettre le courant résultant de la combinaison de l’acide avec l’alcali, dans les solutions que l’on veut soumettre à son action; mais ce n’est pas tout : on plonge l’extrémité A dans un bocal rempli d’acide nitrique, et l’extrémité À' dans un bocal rempli d’une solution alcaline. L’une et l’autre solution monte dans les tubes recourbés à travers les petites ouvertures pratiquées dans les couvercles. Cette disposition nous paraît la plus avantageuse à adopter pour recueillir le plus possible d’électricité dans la combinaison de l’acide avec l’alcali. Quand l’intensité du courant est diminuée sensiblement, au bout d’un certain temps, par suite de la présence du nitrate de potasse dans l’argile du tube de verre, qui, en cristallisant, lui a enlevé une partie de l’eau qu’elle renfermait, on retire alors le tube et on change l’argile. L’action du couple devient telle qu’elle était en premier lieu.

Si l’on considère cet appareil comme formant un se ul couple, et que l’on en réunisse plusieurs semblables pour former une pile, de manière que la branche qui renferme l’alcali communique, au moyen d’un fil de platine, avec la branche qui renferme l’acide dans un autre couple, et ainsi de suite, on arrive à former une pile dont l’action

2 1 8 DE LA PILE A COURANT CONSTANT

ne varie pas sensiblement dans l’espace de <i[\ heures, et qui peut servir à opérer des décompositions chimiques. Avant de donner les résultats que nous avons obtenus avec cette pile, nous allons rapporter les expériences que nous avons faites avec l’appareil simple à tube de platine. Les deux fils conducteurs de cet appareil ont été mis en communication avec les deux bouts libres des deux hélices de la balance électro-chimique. Il a fallu, pour maintenir l’équilibre, employer un poids de os'\ 008 5. Un galvanomètre à fil court, placé dans le circuit, a donné une déviation de 79°. Trois couples voltaïques ordinaires ont donné, pour 1 évaluation en poids de l’intensité du courant :

On voit sur-le-champ que le couple construit avec les cylindres de platine donne un courant double en intensité de celui que l’on obtient avec l’un des couples de l’ancien système, et un courant qui est à celui de trois couples dans le rapport de 4 à 3. Ce résultat est important à noter pour les effets électro-chimiques.

1254. Voyons les effets obtenus avec une pile formée avec quatre couples du nouveau système et fonctionnant depuis quinze jours, dans le circuit de laquelle est placé un multiplicateur à fil court : h l’instant où les communications ont été établies, on a eu une déviation de 76°, 5o ; une demi-heure après, la déviation était de 76: elle 11’avaitdonc perdu qu’un demi-degré; mais en interrompant la corn-

Page 1