CHAPITRE IV
PROCÉDÉ pont RECONNAÎTRE S’IL Y A SOLUTION OU COMBINAISON CHIMIQUE DANS LE CONTACT D’UN SEL ET DE L’EAU, ET DESCRIPTION DE L’HYGROMÈTRE THERMO-ÉLECTRIQUE.
1271. M. Peltier, pour résoudre cette question, qui avait déjà été abordée par nous (‘>.9, etc.), emploie les courants électriques produits dans les réactions chimiques et les changements de température.
On sait que lorsque les acides se combinent avec les alcalis, les effets électriques sont tels, en général, que l’électricité positive va de i alcali à l’acide, et l’électricité négative de l’acide à l’aleali.
il en est de meme dans la combinaison de deux corps, celui qui joue le rôle d’acide prenant en général à l’autre l’électricité positive. Quand il y a simplement solution, on n’observe rien de semblable, comme nous l’avons prouvé il y a quatorze ans. Pour reconnaître s’il y a combinaison ou solution, au moyen des effets électriques, on opère de la manière suivante :
On attache deux capsules en platine aux extrémités du fil d’un multiplicateur de 3, 000 tours, puis on établit la communication entre elles au moyen d’une mèche d’asbeste, d’un siphon en verre, ou bien en les rapprochant suffisamment [jour qu’il n’y ait entre elles qu’un intervalle capillaire, qu’on remplit avec une goutte d’eau. Dans l’une des capsules 011 verse de l’eau distillée, et dans l'autre la solution qu’on veut examiner; si le corps
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est solide et qu’on veuille reconnaître ce qui se passe au moment même de la désagrégation des particules, on remplace une des capsules par une pince en platine, entre les branches de laquelle on place ce corps, dont on plonge une partie dans l’eau de l’autre capsule. Les courants électriques indiquent alors s’il y a combinaison ou non ; mais comme il y a en même temps élévation ou abaissement de température, M. Peltier a mis à profit ces effets pour décider l’alternative.
1272. Pour mesurer la température, ce physicien fait usage d’un appareil qui, en raison de sa grande sensibilité, remplit les fonctions d’un bon hygromètre. Il se compose d’un support de plusieurs couples thermo-électriques bismuth et antimoine, dont le nombre est au moins de trois, afin de former un trépied, dont les extrémités supérieures touchent la capsule qu’on pose dessus. On peut augmenter ce nombre jusqu’à huit ou dix; mais la difficulté de mettre en contact immédiat chacun des couples avec la capsule, en rend l’exécution très-difficile; la capsule ellemême n’étant pas bien sphérique, laisse des intervalles entre sa paroi extérieure et certains couples qui, alors n’étant plus actifs, ne font plus qu’altérer la conductibilité du circuit total. Les éléments de ces couples ne se placent pas comme dans les piles ordinaires; ils doivent être mis l’un à côté de l’autre en forme de couronne, afin de faciliter le contact de chacun d’eux avec la capsule. Cette petite piie est en relation avec un multiplicateur dont les proportions varient comme les couples qui la composent. Avec trois couples on emploie un multiplicateur de 38 tours, formé d’un fd de cuivre ayant 2IlllL,6 de section; pour les piles de cinq couples, un autre de 80 tours d’un fd de moindre diamètre, et enfin de 1 5o tours pour celles de dix couples. Cette pile, soutenue à quelques centimètres de hauteur par une tige vissée dans un socle, est parfaitement abritée des rayonnements calorifiques des corps voisins et des courants d’air qui pourraient influer inégalement sur la température des soudures. On les entoure de deux tubes en carton ou en ivoire, laissant un vide