CHAPITRE Tl
vienne à toucher deux points de ce circuit avec les deux pôles d’un autre élément, le sens du courant étant le meme, le courant de ce nouvel élément passe dans le premier circuit, entre les points touchés, de la même manière que si cette portion du circuit se trouvait à l’état naturel, il résulte de là que les deux courants se superposent et s’ajoutent, de telle sorte que chacun d’eux se propage et se ramifie comme s’il était seul.
§ III. De la mesure relative des sources thermoélectriques et des sources hydro-électriques .
T 286. M. Pouillet a résolu une question qui ne l’avait pas été jusqu’ici, du moins aussi complètement; c’est celle qui concerne les rapports d’intensité qui existent entre les courants thermo-électriques et les courants hydroélectriques.
Foui1 comparer les intensités des sources thermo-électriques aux intensités des sources hydro-électriques, ce physicien a employé une méthode dont nous avons fait usage pour la détermination de 1 intensité d’un courant dans une portion d’un circuit métallique, laquelle consiste à affaiblir le courant provenant de la dernière source en le faisant passer par un 111 de platine d’une longueur suffisante pour que le courant n’ait plus que l’intensité nécessaire pour faire équilibre au courant thermo-électrique , les deux courants produisant le même effet sur une boussole de sinus à multiplicateur.
Dans une de ces expériences, on a dû employer un fil de platine de 180 mètres de longueur, en y comprenant la résistance de la pile déterminée préalablement et la longueur des fils additionnels, et de tVst de millimètre de diamètre, pour que le courant fourni par une pile à la Wollaston, de 12 paires, fit équilibre au courant produit par un élément bismuth et cuivre dans un circuit de 20 mètres de fil de cuivre de ] millimètre avec une différence de /[a0, 3. Au moyen des lois établies, on en a conclu qu’une semblable pile a une intensité qui est
272 MESURE RELAT. DES SOURC, TIIERMO-ÉLEC. , ETC.
il 4,ooo fois plus grande que l’intensité du courant de l’élément bismuth et cuivre, produit par une différence de température de un degré entre les deux soudures.
A l’aide des formules d’intensité, on voit pourquoi les sources thermo-électriques agissent fortement sur l’aiguille aimantée et produisent à peine des actions chimiques, tandis que le contraire a lieu pour les courants hydro - électriques ; car si l’on transmet, par exemple, un courant thermo-électrique dans un liquide quelconque, ce liquide, qui est mauvais conducteur, équivaut à une longueur excessivement grande du circuit primitif, et réduit par conséquent son intensité dans une semblable proportion.
Quant aux sources hydro-électriques , elles sont telles que l’appareil qui les constitue, présente toujours une résistance considérable en raison de l’alternative des liquides et des bons conducteurs, de sorte que le courant, , en traversant l’appareil , se trouve déjà affaibli autant que s’il avait déjà traversé une très-grande longueur de fil; il en résulte que si on lui présente un liquide qui soit équivalent, par exemple, à dix mille mètres d’un fil de cuivre de i centimètre de diamètre, le courant provenant d’un élément à la Wollaston, ne sera réduit qu’à moitié après avoir traversé ce nouveau circuit. 11 se trouve donc alors posséder une grande énergie pour le traverser et opérer des décompositions.
M. Pouilîet en cherchant à établir le rapport de conductibilité entre les liquides et les métaux, en prenant pour unité celle du mercure, a commencé par examiner si l’intensité des courants qui parcourent les liquides est, comme pour les métaux, en raison directe de la section, et en raison inverse de la longueur. Il a préparé à cet effet différents systèmes de tubes, composés chacun de deux tubes égaux en tous points, d’une longueur d’environ un demi-mètre pour les tubes à petite section, et d’un diamètre qui variait de3 à 8 millimètres, et d’une longueur d’un mètre pour les tubes à grande section, dont le diamètre avait depuis io jusqu’à 20 millimètres. Il a fait passer