‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 189 sur 208 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ACTION DES COURANTS ÉLECTRIQUES D’INTENSITÉ DIFFÉRENTE SUR L’ALBUMINE A L’ÉTAT LIBRE OU A L’ÉTAT DE COMBINAISON.

1296. Nous avons déjà vu (977) comment se comporte l’albumine qui est soumise à l’action des courants. M. Golding-Bird a repris les expériences qui avaient déjà été faites à ce sujet, dans le but d’expliquer les effets divers qui ont été obtenus, et de voir si, comme M. Raspail et d’autres physiciens l’ont annoncé, l’action de l’électricité est le moyen le plus délicat que l’on possède pour reconnaître la présence de l’albumine dans un liquide. Il s’est servi à cet effet de courants électriques n’ayant pas la meme intensité, de solutions d’albumine à différents degrés de concentration , et de lames décomposantes de divers métaux. C’est en variant ainsi les expériences qu’il est parvenu à prouver que l’action des courants électriques sur l’albumine est constante.

M. Golding-Bird, pour éviter la chaleur dégagée par le passage de courants électriques d’une tension considérable, a f ait usage d’une trentaine de petites plaques (2 pouces et demi en carré), excitées seulement par une faible solution de sel et disposées en couronne de tasse. Il a d’abord opéré sur de l’albumine liquide se trouvant dans un état de non combinaison. Ayant mis dans un vase de verre un peu de sérum de sang dissous, il pion-

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gea dedans deux fils de platine en communication aveu l’appareil voltaïque; en quelques minutes un dépôt nuageux considérable se montra près de la lame positive, mais sans y adhérer. L’expérience fut répétée dans deux vases contenant la meme solution, et unis entre eux au moyen d’asbeste ou de coton ; on vit alors une abondante coagulation d’albumine dans le vase positif, tandis que le liquide du vase négatif conservait sa liquidité. Après six heures d’expérience, le liquide positif était acide, et le liquide négatif était limpide et alcalin, et ne se coagulait plus par la chaleur. Cependant l’addition d’acide acétique ou nitrique produisait un précipité abondant d’albumine. Ce résultat est facile à expliquer: la décomposition du sel marin avait amené de la soude du côté négatif, d’ou était résulté un albuminate de soude que l’acide avait décomposé.

L’expérience fut répétée ensuite avec six paires des mêmes plaques, chargées avec une faible solution de sel; en employant encore des fils décomposants en platine, les résultats furent précisément les mêmes. Avec des fds de cuivre, le fd positif s’oxidait et était aussitôt recouvert d’une couche d’aibumine qui augmentait rapidement.

La communication entre les vases et la pile ayant été renversée de manière que le vase positif devînt négatif, et réciproquement, 011 vit l’albumine qui avait été déposée, disparaître peu à peu et se reproduire sur la nouvelle lame positive.

Ces expériences prouvent que lorsque l’albumine est coagulée par l’action du courant électrique, il existe du côté positif de l’acide hydrochlorique mêlé de chlore , tandis que du côté négatif on voit apparaître de l’alcali.

1297. On voit maintenant en quoi diffèrent les résultats annoncés par M. Golding-Bird, et ceux qui ont été observés par Brande. Ce dernier ayant trouvé que la coagulation de l’albumine avait heu presque constamment sur la lame négative d’une pile de 1 20 éléments, annonça que l’albumine devait sa solubilité dans l’eau à la présence de

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