‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 38 sur 208 · CHAPITRE IV. [fj · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. [fj

1070. M. Payen a fait quelques expériences clans le but d’empêcher le fer et la fonte de s’oxider dans l’eau. Ayant observé que l’eau alcalisée, dans laquelle sont plongés des morceaux de fer, garantit ce métal de l’altération, il a cherché à déterminer la limite de ce pouvoir préservateur, afin de découvrir les circonstances les plus favorables à l’altération du fer.

Après un grand nombre d’essais, il a trouvé des mélanges tels d’alcali et de sel, que le fer, loin d’être préservé, s’oxidaitau contraire très-rapidement. Un cylindre de fer est préservé longtemps de toute altération, quand il est plongé dans une solution de potasse pure étendue de mille fois son poids d’eau, mais si cette solution a le contact de l’air, l’alcaluattirant peu à peu l’acide carbonique, elle perd la propriété préservatrice.

Quand l’eau contient -- de son volume de solution saturée de carbonate de soude , il se forme des concrétions coniques d’oxide qui restent longtemps brunes-verdâtres'à la base, et acquièrent une couleur jaunâtre à leur sommet. Ce qu’il y a de particulier dans ce mode d’altération, c’est que tous les points de la surface du métal ne sont pas également attaqués. L’action commence dans les parties ou il existe des solutions de continuité; là, par conséquent, ou se déposent des corps étrangers qui constituent un couple voltaïque par leur contact avec le fer et le liquide. Tout le reste de la surface conserve son éclat métallique.

Une solution saturée de sel marin, à l’abri du contact de r air, ne produit que quelques exubérances d’oxide de fer, tandis qu’au contact de l’air l’oxidation marche comme à l’ordinaire.

Une solution saturée de sel marin et de carbonate de soude jouit de la propriété, même au contact de l’air, de préserver le fer de toute altération; mais il n’en est plus de même lorsque la solution est étendue d’eau.

1071. Diverses expériences ont prouvé à M. Payen que cette différence dans les effets ne provenait pas de ce que les solutions saturées renfermaient moins d’air

4o des altérations du fer et de la fonte.

que celles qui 11e Pelaient pas. Il a montré entre autres que les proportions de hases alcalines capables d'empêcher toute oxidation n’éliminaient qu’une très-faible portion de Pair contenue dans Peau. 11 faut donc chercher une autre cause pour expliquer la faculté préservatrice que possède Peau alcalisée.

Une solution saturée de sel marin et de sous-carbonate de soude, étendue de 7 5 fois son volume d’eau de Seine, détermine en moins d’une minute , sur le fer et la fonte, un commencement d’oxidation indiquée par des points d’un vert-pâle qui, en moins de dix minutes, forment des saillies sensibles à l’œil. En appliquant sur la surface un fragment de charbon bien calciné, l’effet est considérablement augmenté en raison de l’action voltaïque, et il résulte de là que la fonte, dans les mêmes circonstances, doit s’altérer plus rapidement que le fer pur.

On voit donc que les solutions qui ont une faible réaction alcaline en présence du sel marin et de Pair, jouissent de la propriété de produire sur le fer et la fonte qui plongent dedans des concrétions locales, pour ainsi dire instantanées, qui préservent le reste de la surface de toute altération ; les effets varient suivant les proportions des différents sels, les solutions de continuité et les corps étrangers qui adhèrent aux surfaces.

107.2. M. Payen pense que des concrétions semblables se forment dans des tuyaux de fonte comme ceux de Grenoble, où passent des eaux très-légèrement salées et qui ont une faible réaction alcaline, en raison de la présence du carbonate de chaux. Ce qui tend encore à donner de la vraisemblance à cette manière de voir, c’est que dans ces tuyaux il se forme de distance en distance des centres d’action qui préservent le reste de la même manière qu’on l’observe dans les morceaux de fonte soumis à l’expérience.

Si l’on incruste des morceaux de fer dans de la fonte, et même des fragments de fonte dans des plaques en fonte de nature differente, on a des oxidations locales tuberculeuses qui naissent de préférence aux points de contact.

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