‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 63 sur 208 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pas augmenter; il pourrait cependant y avoir un effet de cémentation analogue à celui qui change quelquefois les médailles de bronze en protoxide. Le sous-oxide est trèsdur et résiste mieux que le métal lui-même à faction mécanique et à faction chimique de divers agents. Ces qualités du zinc, outre son bas prix, doivent le faire rechercher pour la couverture des bâtiments.

M. Berthier, qui a eu l’occasion d’examiner l’état d’une couverture en zinc faite depuis vingt-cinq ans, a constaté que le métal s’est recouvert d’une légère couche grisâtre, qui s’est maintenue en parfait état jusqu’à ce jour, sans que l’oxidation superficielle ait fait aucun progrès. On doit conclure de là que la couche grisâtre conserve le métal intact pendant de longues années.

L’étain se conserve longtemps à l’air sans altération ; mais avec le temps il prend une teinte jaunâtre et des nuances irisées qui indiquent un commencement d’oxidation. Nous possédons un vase en étain qui est resté pendant plusieurs siècles dans la terre et dont la surface est recouverte d’une couche assez épaisse d’oxide.

Davy a avancé que l’étain préservait le fer de l’oxidation de l’eau de mer, et que l’on pouvait se servir par conséquent de cette propriété pour garantir d’altération les chaudières des bateaux à vapeur.

M. Yanheck a été conduit par l’expérience à une conséquence tout à fait opposée; savoir, qu’un morceau d’étain placé dans l’intérieur d’une chaudière à vapeur contenant de l’eau de mer, au lieu d’empêcher l’oxidation du fer, contribue au contraire à sa prompte altération. Voici les expériences qui ont mis à même ce physicien d’émettre une opinion contraire à celle de Davy :

i° Une plaque de fer de 65 millimètres carrés, placée dans un verre cylindrique contenant environ un demilitre d’eau de mer, fut promptement corrodée; 4^ jours après, la surface de la plaque était fortement oxidée, et une couche épaisse d’oxide s’était déposée au fond du vase;

82 ALTER. DE L’ARGENT, DU ZINC, ET DE l’ÉTAIN.

2° Une semblable plaque de fer, à laquelle était attaché un petit morceau d’étain poli , de 23 millimètres carrés, fut placée, pendant le même temps, dans une même quantité d’eau de mer; bientôt le fer fut fortement oxidé, tandis que l’étain n’éprouva aucune altération bien sensible. Au bout de l\2 jours, la quantité de peroxide de fer déposée au fond du vase égalait au moins celle qu’on avait obtenue dans la première expérience;

3° Une plaque d’étain, de 65 millimètres carrés, à laquelle était attaché un petit morceau de fer, de 23 millimètres carrés, fut exposée à l’action de l’eau de mer; le fer fut promptement oxidé, tandis que la plaque d’étain conserva constamment son poli;

4° Deux lames d’étain et de fer, disposées comme dans l’expérience précédente, au lieu d’être mises directement en contact , furent séparées par une lame mince de mica et placées dans de l’eau de mer; l’étain fut attaqué, tandis que i4 jours après le fer n’avait encore éprouvé qu’une faible oxidation;

5° Une plaque d’étain polie , exposée à l’action de l’eau de mer, montre promptement des signes évidents d’oxidation particulièrement sur les aspérités.

Ges diverses expériences prouvent que le fer, qui éprouve une forte altération, quand il est placé seul dans l’eau de mer, n’est nullement préservé par le contact de l’étain; tandis que ce dernier métal, qui est légèrement oxidé par l’eau de mer lorsqu’il est seul , est préservé par le contact du fer.

Ces faits nous ont paru assez intéressants pour trouver place ici.

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