CHAPITRE V
§ II. Considérations sur la formation du nitrate, de
potasse.
liai. Quoique nous n’ayons pas des raisons aussi péremptoires pour rattacher la formation du salpêtre à des effets électriques que nous en avons eu pour y ramener , dans un grand nombre de cas , la formation de l’ammoniaque, cependant, comme l’un des éléments de ce sel, l’acide nitrique, se forme dans les temps d’orage par suite de la réaction des décharges électriques sur l’oxigène et l’azote de l’air, ainsi que dans un grand nombre d’actions électro-chimiques où l’oxigène et l’azote se trouvent l’un et l’autre à l’état naissant, il est convenable d’examiner le rôle que peut jouer cet acide dans la nature.
M. Liebig (i) a analysé 77 résidus obtenus par l’évaporation d’autant d’eau de pluie : tous contenaient du chlorure de sodium sans trace de potasse ; le manganèse et le fer manquaient quand les eaux avaient été filtrées préalablement. Elles renfermaient également des matières organiques.
Sur les 77 échantillons d’eau, il y en avait 17 qui provenaient de pluies orageuses et qui contenaient tous de l’acide nitrique en quantité très-différente combiné avec la chaux ou avec l’ammoniaque. Parmi les autres échantillons, il n’y en avait que deux qui continssent des traces d’acide nitrique.
Il est bien prouvé par la, comme l’avait déjà observé Cavendish, que la foudre en éclatant dans l’air détermine la formation d’une quantité assez notable d’acide nitrique qui est entraînée par la pluie. Si cette eau est absorbée par des roches poreuses, sur lesquelles elle puisse réagir, il en résulte des nitrates qui produi-
(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxv, p. 329.