CHAPITRE Y
décomposition telle qu’il se dégage de l’hydrogène et du gaz acide carbonique. Il se forme en même temps des huiles , des résines, etc. Il se sépare des végétaux, du carbone, de la silice et des sels. Quand les plantes sont recouvertes d’eau, et communiquent difficilement avec l’air, les effets sontbeaucoup plus lents: la plupart des éléments gazeux sont encloisonnés dans les dépôts vaseux des marais; les sels solubles sont enlevés, tandis que le carbone reste en abondance et constitue la masse de la tourbe.
i i 35. La tourbe pyriteuse est pénétrée de toute part de sulfure de fer qui est cristallisé, surtout dans les coquilles, dans les fentes ou les cavités des bois fossiles. Cette tourbe pyriteuse ne renferme point de bitume, ce qui tendrait à faire croire que la pyrite dépend de la réaction du bitume sur le sulfate de chaux qui a fourni le soufre au fer répandu dans la masse.
Quand les tourbes pyriteuses sont exposées à l’air, il s’établit une espèce de fermentation par suite de la réaction de l’air et de l’eau sur les deux éléments de la pyrite. Il se sublime du soufre qui cristalliseren filaments capillaires à sa surface et se dégage de l’hydrogène sulfuré : en définitive les pyrites sont transformées en peroxide de fer. L’acide sulfurique, en réagissant sur l’argile, produit de l’alun, et sur le calcaire, du sulfate de chaux.
11 36. Sage a observé dans du terreau de 3 ans, qui n’avait pas encore servi à la végétation, une grande quantité de cristaux de quartz dont il a pu suivre le développement; ainsi donc les particules de silice qu’abandonnent lentement les végétaux en décomposition , peuventse grouper régulièrement , parce quelles se trouvent alors à l’état naissant, c’est-à-dire dans la position la plus favorable, soit pour entrer en combinaison, soit pour cristalliser.
1 137. Davy, dans l’examen qu’il a fait des manuscrits sur papyrus trouvés à Ilereulanum (1 ), a reconnu qu’ils
(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. x, p. /, 14. Y’
98 PROD. Qür SE FORM. JOURNEE. DANS LES TOURB.
n’ont pas été carbonisés par l’opération du feu, et qu’ils se trouvent dans un état analogue à celui à la tourbe. Leurs feuilles, en général, sont réunies par une substance particulière produite dans une longue suite de siècles parla fermentation et les changements chimiques de la matière végétale dont ils se composaient. Guidé par ces vues théoriques, il est parvenu à découvrir la nature de cette substance et a fini par trouver une méthode à l’aide de laquelle il a séparé les fragments sans altérer les caractères ainsi que la contexture des manuscrits.
11 38. Nous avons vu que dans les tourbières il se forme journellement du phosphate de fer et des pyrites. Nous allons revenir sur ces formations qui intéressent l’électro-chimie.
1 1 39. Le fer est capable de se combiner, en vertu d’actions lentes, avec l’acide phosphorique des matières animales et le soufre qui provient de la décomposition de l’acide sulfurique.
Nous allons rapporter quelques exemples de ces décompositions, en indiquant en même temps comment on peut les obtenir en employant l’action combinée des affinités et de l’électricité.
Il y a quelques années, à Saint- Yrieix , on a déblayé les terres qui avaient servi à combler, il y a plusieurs siècles, un des fossés de la -ville, et dans lesquelles se trouvaient entassés pêle-mêle des ossements d’animaux, des troncs d’arbres, des débris de végétaux et des fragments de gneiss. La plupart des débris de végétaux étaient entièrement recouverts de cristaux microscopiques, blanchâtres, de fer phosphaté, qui, au contact de l’air, prirent une couleur bleu indigo.
ti/jo. Le bois sur lequel était déposé ce fer phosphaté était entièrement carbonisé; il avait servi évidemment de point de départ pour la formation de ce composé. Il faut donc qu’une cause quelconque ait attiré le fer et l’acide phosphorique. Cette simple observation nous a mis sur la voie pour reproduire le phosphate bleu. Dans les diverses réactions chimiques qui ont eu