‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 74 sur 208 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

lieu clans le magma , il y a eu dégagement continuel des deux électricités, lesquelles, pour reformer du fluide neutre, ont suivi les corps les plus conducteurs en contact avec les particules agissantes, et particulièrement les substances carbonisées, qui dès lors ont servi à fixer quelques-uns des éléments. D’un autre coté, quand on abandonne à l’action spontanée une lame de fer plongée dans une dissolution de phosphate d’ammoniaque, le fer s’oxide, et décompose le phosphate ammoniaque; l’alcali est mis à nu, et il se forme un perphosphate blanc de fer; mais si, au lieu d’une plaque de fer, on soumet à l’expérience un couple voltaïque formé d’une lame de cuivre et d’une lame de fer, il se forme également du perphosphate, et en outre une petite quantité de phosphate bleu, mais seulement dans la partie la plus rapprochée des points de contact du fer et du cuivre. Ce phosphate est en très-petits cristaux d’un beau bleu, dont la couleur est masquée par le perphosphate blanc, qui se décompose. La formation de ce dernier est due aux actions combinées du phosphate d’ammoniaque, de l’eau et de l’air sur le fer; tandis que celle du phosphate bleu provient évidemment d’une action électrique. Rien n’est plus simple que de donner un plus grand développement à la formation de ce phosphate et de l’obtenir dégagé du perphosphate qui masque sa couleur. Prenons un tube recourbé en U, rempli dans sa partie inférieure d’argile légèrement humectée; dans une des branches versons une solution de phosphate de soude, et dans l’autre une solution de sulfate de cuivre; puis dans celle-ci plongeons une lame de cuivre et dans l’autre une lame de fer, et faisons-les communiquer ensemble par la partie supérieure. Le fer est le pôle positif d’un couple voltaïque , et le cuivre le pôle négatif; celuici décompose le sulfate, attire le cuivre, tandis que l’oxigène et l’acide sulfurique se transportent dans l’autre branche. L’oxigène oxide le fer; l’acide sulfurique en se combinant avec la soude chasse l’acide phosphorique : il en résulte du sulfate de soude, qui reste dissous, et

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du protophospliate de fer qui se dépose sur la lame de fer, sous la forme de petits tubercules cristallins , blanchâtres, lesquels deviennent d’un beau bleu par l’action prolongée de la pile, ou bien en les exposant à l’air; ils possèdent en outre les propriétés du phosphate bleu naturel. Cette réaction n’a lieu qu’autant que l’action est lente, circonstance indispensable pour que les molécules prennent un arrangement cristallin; car si l’on veut accélérer l’action en mettant la lame de fer en communication avec le pôle positif d’une pile d’un certain nombre d’éléments, et la lame de cuivre avec le pôle négatif, on n’obtient alors que le phosphate de fer ordinaire. D’après cela, une condition indispensable à la formation du phosphate bleu est une réaction lente.

On voit maintenant comment la nature a du agir pour produire le phosphate de Saint-Yrieix et des gisements analogues ; pour peu que les matières carbonisées aient été mises en contact avec le fer ou son protoxide, il en est résulté des piles analogues aux précédentes. L’expérience suivante montrera comment agissent les corps organisés. Nous avons mis une pyrite efflorescente entourée d’un fil dans une soucoupe contenant une solution de phosphate de soude. Les réactions n’ont pas tardé à se manifester. Il s’est formé du sulfate de fer, du perphosphate blanc de fer, et dans les parties du fil qui adhéraient à la paroi de la soucoupe , de petits tubercules cristallins de phosphate bleu.

Dans la même localité, nous avons fait une remarque qui n’est pas sans quelque importance pour la géologie et la minéralogie.

1 14 r . On a vu précédemment qu’on avait trouvé dans les déblais une grande quantité de fragments de gneiss, en partie décomposés; cette décomposition a eu lieu dans le sens des couches. En examinant avec attention les surfaces mises à découvert, on a vu que les lames de mica étaient recouvertes de phosphate de fer bleu lamellaire, de sorte que, si l’on n’eût pas été pré-

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