CHAPITRE V
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1 145. Dans une ancienne galerie de mine de Fontgibaud , abandonnée depuis un temps immémorial , on a trouvé un ancien outil de mineur, qui était recouvert de cristaux microscopiques de proto-sulfure de fer, qui se sont décomposés peu à peu à l’air. On ignore entièrement la nature des substances qui, en réagissant sur le fer, ont pu leur donner naissance.
1 146. Nous avons annoncé précédemment que les pyrites se formaient dans les eaux thermales; nous allons en citer quelques exemples : M. Longchamp a eu occasion d’examiner un dépôt recueilli dans le conduit de la principale source des eaux thermales de Chaudesaigues. Ce dépôt était mammelonné et crevassé, et sa surface était d’un rouge brun ayant l’aspect du peroxide de fer. En brisant le morceau on apercevait des plaques de fer sulfuré. Ce dépôt, comme on voit, était composé presque entièrement de pyrites. Nous ajouterons, pour l’intelligence de ce fait, que les sources sortent des roches à travers les fissures d’un filon de quartz, lesquelles sont tapissées de sulfure de fer. La température de la source est de 88 degrés centigrades.
Comment ces pyrites ont-elles été formées ? M. Longchamp s’est adressé à lui-même cette question. Il regarde comme probable que ce composé a pris naissance dans les eaux minérales ; mais on ne conçoit pas comment cela a pu avoir lieu, puisque l’analyse de ces eaux ne donne aucun des éléments de la pyrite.
ii47* A Bex, en Suisse, dans une des galeries de communication de la saline, nous avons trouvé un magma très-humide rempli de petites pyrites et dont l’analyse a donné la composition suivante :
Sable 26
Carbonate de chaux 5
Sulfate de fer 42
Sulfate de chaux 21
I04 PROD. QUI SE EORM. JOURNEL. BANS LES TOURB.
les 6 autres centièmes se composaient de quelques pyrites et de matière organique. Nous devons faire observer que la majeure partie des pyrites avaient été enlevées préalablement.
Nul doute que les pyrites n’aient été formées dans la réaction de la matière organique sur le sulfate de fer, réaction qui a enlevé à l’acide sulfurique et au protoxide de fer leur oxigène. Les cristaux de sulfate de soude , qui ont été recueillis dans les salines de Bex, renfermaient notablement du sulfate de chaux. Nous avons trouvé aussi, dans la meme localité, des dépôts renfermant i i ~ pour cent de soufre, puis le reste presque entièrement formé de carbonate de chaux mêlé d’un peu de sulfate de même base et de carbonate de magnésie.
il 48. Nous sommes parvenu à former des pyrites (persulfure de fer) ayant la forme de dodécaèdres à base pentagonale, en abandonnant aux actions spontanées un mélange de sulfate de fer, de sulfate de chaux et d’huile, dans des proportions que nous ne pouvons assigner, attendu que dans l’origine nous n’avions pas l’intentioii de produire cette substance.
L’opération a duré 4 011 5 ans. Quelques cristaux ont 2 millimètres d’étendue. L’électro-eliimie peut obtenir aussi du sulfure de fer cristallisé (848) en formant d’abord un double hypo-sulfite alcalin et de fer que l’on décompose en faisant fonctionner, pendant quelques mois, un courant électrique provenant d’un seul couple voltaïque, disposé convenablement.
O11 sait que l’on obtient le persulfure de fer en exposant l’hydrate de peroxide dans un courant de gaz hydrogène sulfuré à une température au-dessus de ioo°. Si l’on substitue à l’hydrate des cristaux naturels de protocarbonate de fer, ces derniers se décomposent sansperdre leur forme : on obtient alors un sulfure de fer sous une forme qui n’est pas la sienne. Le cristal conserve tou jours ses clivages. Nous faisons mention de cette épigénie, parce qu’elle se présente d’une manière inverse dans la nature. Il n’est pas rare de trouver du sulfure de fer