CHAPITRE VI
L’argent métallique résultant de la décomposition du carbonate est mêlé de très-petits cristaux de protoxide de cuivre, provenant probablement de la décomposition du carbonate de cuivre nouvellement formé et de celui qui se trouvait dans le carbonate d’argent.
1169. Les silicates des métaux dont les oxides sont facilement réductibles, sont également décomposés dans leur contact avec beau et des lames de métal oxidable. Nous citerons particulièrement les sdicates de cuivre, d’argent et de plomb, mis en contact avec des lames de plomb, de fer, de zinc ou de cuivre.
Le silicate de cuivre est décomposé par les lames de fer et de plomb : foxide métallique est réduit et la silice se dépose sous forme gélatineuse. Il est probable qu’en disposant les appareils de manière à ce qu’ils fonctionnent très -lentement, on obtiendrait de petits cristaux de quartz.
Si l’on opère avec une lame de zinc recouverte ou non de cuivre dans la partie en contact avec le silicate, il se produit des effets qui ne pouvaient être prévus à priori , attendu qu’ils ne ressemblent en rien à ceux que l’on obtient avec les autres métaux. La lame ne tarde pas à prendre une couleur bleue très-intense, tirant sur le noir, tant qu’elle se trouve dans l’eau, mais si 011 l’en retire et qu’on la fasse sécher, la couleur bleue est bien manifeste. La surface Au zinc se recouvre de petits tubercules bleus qui font effervescence avec tous les acides et donnent des sels de cuivre. Traités par l’ammoniaque, ils s’y dissolvent en partie et laissent du cuivre métallique dans un grand état de division. Dès lors, dans la réaction très-lente du zinc sur le silicate de cuivre par l’intermédiare de l’eau distillée, il se dépose du cuivre métallique, du deutoxide anhydre de cuivre, dont une partie se combine avec l’acide carbonique transmis à l’eau par l’air. Or, comme la réaction s’opère dans toute l’étendue de la lame, bien qu’elle ne soit en contact que dans une petite partie avec le silicate de cuivre, il faut donc admettre que ce dernier est fai-
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blement soluble dans l’eau , à l’aide de l’acide carbonique de l’air.
Pendant tout le temps que s’effectuent les diverses réactions dont nous venons de parler, il se dégage une quantité assez notable de gaz hydrogène, provenant de la décomposition de l’eau. Il faut donc que dans cette circonstance la silice détermine la décomposition de l’eau. Nous devons ajouter que, dans ces diverses réactions, il se forme des grains cristallins de carbonate de zinc, dans lesquels on reconnaît la forme rhomboïdale. Nous répétons encore que les divers produits qu’on obtient dans la réaction du zinc sur le silicate de cuivre par l’intermédiaire de l’eau ne pouvaient être prévus, puisqu’ils dépendent du rapport entre les effets électriques produits dans l’oxidation du zinc et les affinités des divers éléments qui se combinent.
En opérant avec de l’oxide de cuivre hydraté , ou du carbonate vert de cuivre, au lieu de silicate, l’oxide est réduit sans qu’il y ait formation de carbonate bleu , et il se dépose sur la lame de zinc des grains cristallins de carbonate de zinc. L’eau est également décomposée, mais moins abondamment.
1170. Les arséniates et les phosphates des métaux oxidables ont été soumis également avec succès au même mode d’expérimentation, particulièrement les sous-arséniate et sous-phosphate d’argent. Leur décomposition s’est effectuée assez rapidement; l’oxide d’argent a été réduit, l’acide devenu libre s’est combiné avec l’oxide nouvellement formé. En employant une solution de chlorure de sodium au lieu d’eau distillée, on obtient des doubles combinaisons.
Avec l’arséniate d’argent, l’eau distillée et le plomb, il s’est déposé sur celui-ci des lamelles cristallines d’un blanc nacré d’arséniate de plomb, l’eau est devenue assez fortement acide par la présence de l’acide arsénique. Or, comme un atome d’arséniate d’argent, quand il est décomposé par le plomb, doit donner naissance à un atome d’arséniate de plomb, il faut donc que l’arséniate