‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 83 sur 208 · CH A FIT UE VI · texte numérisé non relu

CH A FIT UE VI

Ce premier exemple indique déjà la marche générale que Ton doit suivre pour faire agir l’électricité à faible tension sur les composés insolubles. En voici un autre que nous avons déjà rapporté, mais sous un autre point de vue (1021) :

j 167. Dans un tube de l\ millimètres de diamètre, fermé par un bout, on a mis 1 -J gramme de sulfure noir de mercure, sur lequel on a versé une solution saturée de sel marin, puis on a plongé dedans une lame de cuivre, et l’on a fermé ensuite hermétiquement le tube. Bien que le sulfure de mercure ne soit pas soluble dans le sel marin et que celui -ci n’attaque pas sensiblement le cuivre hors du contact de l’air, cependant des diverses réactions chimiques faibles qui ont lieu au contact du cuivre, du sulfure de mercure, de l’eau et du chlorure de sodium, ont produit les effets suivants : décomposition du sulfure, cristallisation du mercure combiné avec du cuivre, sur la lame de cuivre et les parois du tube. Les cristaux sont des octaèdres réguliers et des segments octaédriques. L’opération continue sans interruption depuis huit ans, et tout porte à croire que tout le sulfure finira par être décomposé entièrement.

Si l’on opère avec de l’eau distillée au lieu d’eau salée, que l’on amalgame le bout de la lame de cuivre qui est en contact avec le sulfure de mercure et qu’on laisse le tube ouvert, les réactions électro-chimiques marchent rapidement, car 011 commence à apercevoir des cristaux de mercure et de cuivre huit jours après sur la partie supérieure de la lame. Il est probable qu’il se forme d’abord du sulfate de mercure, puis du sulfate de cuivre, dont la décomposition produit les effets décrits.

1 168. On a mis dans un tube de verre du carbonate de cuivre, une solution saturée de sel marin, une lame de fer, et l’on a fermé hermétiquement le tube. Peu à peu le carbonate de bleu est devenu noir, la lame s’est recouverte de cuivre métallique et la décomposition a fini par être complète. Le tube renfermait un décigramme de carbonate hydraté de cuivre. Il est hors de doute, d’après

1 I 8 DE LA CT. DES COUR. PROD. PAR DE l’ÉLEC., ETC.

les effets produits, que dans les diverses réactions qui ont eu lieu au contact de l’eau, du sel marin, du carbonate de cuivre et du fer, le carbonate hydraté n’ait été d’abord décomposé sous l’influence voltaïque en eau et en carbonate anhydre, c’est-à-dire que l’eau n’ait été transportée sur le fer à la manière des acides. Quand l’expérience se fait au contact de l’air, il se précipite de l’oxide de fer.

En substituant au fer une lame de plomb, il y a également décomposition du carbonate de cuivre, sans qu’on observe bien sensiblement le passage du carbonate hydraté au carbonate anhydre, puis formation de double chlorure de plomb et de sodium qui cristallise en jolis rhomboèdres ; de carbonate de plomb et probablement de chloro-carbonate en cristaux aciculaires. La liqueur devient légèrement alcaline par suite de la soude mise à nu. Les diverses substances qui résultent des réactions électro-cbimiques sont tellement mêlées les unes avec les autres, qu’il est très-difficile de les séparer.

Prenons actuellement du carbonate d’argent, de l’eau distillée et une lame de plomb, le tout disposé comme dans les expériences précédentes; le carbonate ne tarde pas à être décomposé; la partie adhérente au verre forme en divers endroits une surface continue et brillante comme si le verre était étamé, preuve de l’influence des surfaces sur l’action électro-chimique. La lame de plomb se recouvre de carbonate hydraté de plomb en petites lamelles nacrées. Ce carbonate, comme celui de cuivre, ne peut être décomposé qu’en admettant que les effets électriques produits dans l’oxidation du métal, au contact de l’eau et de l’air, sont capables de séparer les éléments des sels métalliques insolubles soumis à leur action.

En substituant au plomb une lame de cuivre ou de fer, le carbonate d’argent est encore décomposé, mais plus rapidement encore qu’avec le plomb. Une partie du gaz acide carbonique se dégage; l’autre forme avec l’oxide de cuivre du carbonate vert, qui se change peu à peu en carbonate bleu , sous la forme de cristaux microscopiques.

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