CHAPITRE VII. I
blanc de neige; leur saveur est fortement alcaline: elles sont composées de
Sous-carbonate de soude 0,6,67
IYIuriate de soude 0,080
Eau de cristallisation 0,263
L’explication que donne M. Berthier de la décomposition des eaux minérales est tellement rationnelle que nous la rapportons ici textuellement :
« Aussitôt qu’elles ont le contact de l’air, elles laisse sent dégager de l’acide carbonique : le fer, qui paraît «être, dans i’eau, à l’état de carbonate de protoxide , « absorbe de l’oxigène et se dépose presque immédiate- « ment à l’état d’hydrate de peroxide. La silice se dépose « un peu plus tard. Vient ensuite le carbonate de chaux,
« puis après le carbonate de magnésie Le dégage-
« ment d’acide carbonique continuant toujours, le carte bonate neutre de soude devient de plus en plus alcalin, « et enfin il se transforme entièrement en sous-carbo- « nate. Après cela, l’eau minérale n’éprouve plus aucune « altération. »
1 1 78. A Vienne en Dauphiné , dans une galerie d’écoulement qui a été ouverte il y a environ un siècle dans une diabase, nous avons trouvé des incrustations cristallisées de carbonate et de sulfate de chaux. Les cristaux de carbonate , dont quelques-uns ont de 2 à 3 millimètres de côté, appartiennent à la variété inverse; une partie en est limpide, l’autre d’un blanc mat; ils se dissolvent sans résidu dans l’acide acétique étendu d’eau. Le gisement des cristaux ne laisse aucun doute sur leur formation, par suite de l’infiltration des eaux depuis l’ouverture de la galerie.
1179. A Aix en Savoie, dans une piscine romaine, découverte en 1 83o , nous avons trouvé trois variétés bien distinctes de concrétions calcaires qui sont assez re-
J 3o DES CRIST. DE CHAUX CARB. SPATIITQUE.
marquables; la première, qui est la plus ancienne, repose sur le marbre blanc du fond de la piscine. Elle est stratiformeet composée de lames cristallines de spath calcaire. La seconde, qui est au-dessus, est formée delainelles cristallines plus serrées. La texture commence à être compacte; enfin dans la troisième concrétion, qui est la plus récente , elle est tout à fait compacte et ne diffère en rien , sous le rapport de la texture, de la chaux carbonatée compacte : la ressemblance est tellement parfaite que l’œil le plus exercé ne saurait trouver de différence entre l’une et l’autre. L’analogie qui existe entre l’ordre de formation de ces dépôts demi-cristallins, demi-compactes et compactes, et la distribution des formations calcaires dans la terre, ancien, intermédiaire et secondaire, où ils sont successivement cristallins, moins cristallins et compactes, pourra servir à éclairer plusieurs points de géologie.
1 1 80. Nous terminerons ce que nous avons à dire sur la formation spontanée du carbonate de chaux, par l’observation suivante, qui est due à M. Dumas. A la manufacture de Sèvres , dans un réservoir de plomb , où coule de l’eau chargée de carbonate de chaux, tenu en dissolution par un excès d’acide carbonique, la surface intérieure offre des traces à peine sensibles de carbonate de chaux, tandis que sur les soudures on observe des incrustations de plusieurs lignes d’épaisseur, irrégulières à la surface, mais cristallisées à l’intérieur. Nul doute qu’il n’y ait eu ici une action électrique très-faible, qui a décomposé le bicarbonate en carbonate et en acide carbonique. Cette action électrique provient de la différence d’action de l’eau chargée d’acide carbonique sur le plomb et la soudure, laquelle rend le plomb positif par rapport à la soudure. Des métaux ne sont pas toujours nécessaires pour obtenir de semblables effets, il suffît d’actions chimiques quelconques, formant des courants électriques continus à l’aide d’un corps conducteur inerte, tel que le charbon ou autre.