CHAPITRE SIXIÈME
de cuivre y à des sous-sulfates ainsi qu’à des doubles sulfates.
Je ne puis entrer ici dans l’examen des transformations qu’éprouvent d’autres sulfures; je les exposerai
substances minérales.
Je dois dire cependant que les pyrites se forment quelquefois dans les tuyaux de conduite de certaines eaux minérales, comme M. Loncbamp en a observé à Chaudes-x^igues , et moi-même à Aix , en Savoie.
§ y. Des altérations des laves et des produits
qui s y forment.
Si nous portons nos regards sur les rocbes volcaniques anciennes et modernes, nous voyons que les filons de basalte altèrent ou ont altéré les substances qui les environnent. Dacosta, qui a comparé le calcaire de la chaussée des Géants avec celui qui est en contact avec le basalte, a trouvé des différences notables. Dans le calcaire qui est en contact, la cassure est devenue brillante, sa dureté est un peu plus grande, sa pesanteur spécifique a augmenté sensiblement. Quant à leur composition, il n’a trouvé de différence que dans la silice, qui est nulle dans le calcaire à distance. Il résulte de là que le contact du basalte a modifié simplement le mode d’agi'égation du calcaire, sans changer la quantité de leurs parties constituantes, puisque l’un et l’autre n’ont pas perdu leur eau. Cette différence cependant, dans le mode d’agrégation , n’est pas toujours constante, car M. Brongniart (i) n’en a trouvé aucune à Aubenas (Ardèche) dans un filon de basalte très-compacte traversant des couches également régulières de calcaire compacte.
Le granité se décompose facdernent dans le voisinage
(i) Diction, des Scienc. nat. , t. lviii, p. 372.
5lO DES ALTÉR. DES LAVES ET DES PROD. QUI s’y FORM.
des filons de basalte, comme on en a des preuves dans les lies d’Ecosse et aux envii ons de Clermont. Les fragments de granité que l’on trouve dans le^basalte ont, au contraire, une couleur gris jaunâtre et une cassure brillante.
Le schiste argileux se change en schiste siliceux ( îles d’Ecosse) ou en une masse jaspoïde (siegen Druidenstein, près Heckersdorf ).
Le grès se crevasse, les substances métalliques se subliment, l’argile se fond. Le lignite perd son bitume, ainsi (jue la houille, qui se change en anthracite. Tous ces changements ont été produits très-probablement quand le basalte possédait une température élevée.
Toutes les laves des volcans éteints n’éprouvent pas des décompositionscapables de rendre leurs éléments à la végétation. Cesdécoinpositions dépendent plutôt de la nature des laves et de leui’ mode d’agrégation que de leur ancienneté relative, car en Auvergne et dans le Vivarais il existe encore des coulées qui sont aussi intactes que si elles venaient de s’épancher sur le terrain, tandis que de.s laves du Vésuve, qui ne sont pas d’uneorigine très ancienne, sont déjà rendues à la culture. Cette différence tient à leur structure, et c’est pour ce motif que les laves vitreuses n’éprouvent que des altérations excessivement lentes.
En Auvergne, les laves pyroxériiques se décomposent visiblement plus vite que les laves lahradoriques de Corne, de la Nugère de Pariou. Ce qui prouve que la natui’e des laves a de l’influence.
Les débris de roches qui ont été entraînés par des cours d’eau de nature quelconque' et qui se sont mêlés avec des corps organiques de diverses natures, ont donné naissance, suivant la grosseur des fragments, soit à des roches d’agrégation dont l’origine est bien aqueuse, soit a des dépôts qui ont formé des terrains de sédiment cju’on appelle inojd. Ces derniers donnent à l’analyse tous les produits qui constituent les matières organiques et en outre de la silice, de l’argile, du calcaire, du fer et du carbonate de soude.