‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 118 sur 141 · CHAPITRE SIXIÈME. 5ll · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 5ll

Parmi les roches d’agrégation formées par sédiment, on peut citer peut-être la wake, qui paraît êti’e le résultat d’un sédiment boueux; elle renferme ordinairement des veines ou parties cristallines *de calcaire , et ses fissures sont quelquefois tapissées de cristaux appartenant à la famillecleszéolitlies, eten outre des minéraux eimaeés, qui ont été formés avant sa production; la péperine, qui recouvre les terrains basaltiques et renferme des débris organiques, tels que des ossements d éb'pbants La wake se trouve encore dans d’autres localités, dans des roches de gneiss et de schiste, ou elle forme des filons qui renferment diverses substances métalliques.

En examinant la manière d’être des cristaux 'qui se trouvent au milieu des roches basaltiques et autres analogues, on est porté à croii'e qu’ils se sont formés après la consolidation de la masse et un refroidissement suffisant , puis(jue la jdupart d’entre eux qui appartiennent à la famille des zéoliihes , sont altérés par une chaleur incandescente et renferment de l’eau de cristallisation qui peut être enlevée par une température un peu élevée.

M. Brongniart n’admet pas, pour la formation de ces cristaux, l’infiltration de beaucoup postérieure à la consolidation et au refroidissement complet de ces roches souvent si homogènes et si denses, attendu (ju’on ne connaît aucun liquide dissolvant susceptüde (ramener dans ces cavités peu étendues les quai'tz, les inésotypes, les sulfates de baryte et de strontiane qu’on y voit en cristaux si volumineux et si nets. Il croit qu’en admettant que la masse molle de ces roches était comme imhibée de ces dissolutions, aussi concentrées qu’on voudra le supposer, on peut se figurer que les parties de la l’Oche, en cristallisant confusément, en se solidifiant et se rapprochant, ont comme comprimé et fait suinter dans les cavités une partie même de ces dissolutions et y ont déposé les composés qui , par leur nature, ne pouvaient cristalliser au milieu de la masse, dont la température était très -élevée, et cela par un procédé analogue à

blQL DliCOMPOSITION DES MA^TlÊRES ORGANIQUES.

celui qui tapisse les cavités bulbeuses des mattes de cuivre de filaments de ce métal natif et les cavités des argiles de filaments du sulfate de lér qui se forme au milieu d’elles, etc.

On peut objectera la théorie de M. Brorigniart que, lorsqu’on brise des masses de basalte qui ont été enfouies dans des endroits humides, on trouve que les cavités intérieures sont remplies d’eau. Suivant M. Fournet, la formation des zéolitlies est due à un transport par l’eau des éléments qui proviennent de la décomposition des roches environnantes.

§ VI. Décomposition des matières organiques.

Si nous abordons maintenant les matières organiques, nous voyons que la tourbe se forme, de nos jours, aux dépens des plantes herbacées qui croissent dans nos marais. Souvent les dépôts sont séparés par des couches de 1 imon et de matières sablonneuses, au milieu desquelles se déposent des coquilles fluviatiles et terrestres, des débris de l’industrie humaine, et meme des pyrites.

Il n’existe pas de tourbières dans toutes les localités. En général, il ne se forme de la tourbe ni dans les eaux courantes, ni dans les masses d’eau stagnante profondes , ni dans les marais qui se dessèchent pendant les chaleurs de l’été, ni dans les eaux qui renferment quelques sels en solution. Le mode de décomposition qu’éprouvent toutes les matières organiques, doit attirer toute notre attention. Davy(i), dans l’examen qu’il a fait des manuscrits d’Herculanum , a trouvé qu’ils n’avaient pas été carbonisés par l’action du feu et qu’ils se trouvaient dans un état analogue à une sorte de tourbe; leurs feuilles étaient réunies en une seule masse par une substance particulière produite dans une longue suite de siècles.

(i) Annal, de Ch, et de Phys,, t. x, p. 44.

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