‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 120 sur 141 · CHAPITRE SIXIÈME. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 5l

fer bien nettes avec de l’eau dans un flacon dont l’ouverture plongeaitdans le mercure, aubout de d ix heures, du

papier de tournesol, qui avait été rougi, fut introduit dans le flacon et ramené au bleu. Quatre jours après, l’eau, saturée avec de l’acide hydro-chlorique, donna de riiydro-clïiorate d’ammoniacjue.

Le fer oligiste,.le fer oxidulé, l’yénite, le fer oxidé terreux, etc., chauffés dans un tube, lui ont donné de l’ammoniaque. Tous ces corps avaient été lavés préalablement avec de l’eau bouillante , afin d enlever toutes les matières azotées qui pouvaient être adhérentes aux surfaces.

La présence de l’ammoniaque a été reconnue, dans l’eau ferrugineuse de Passy, après l’évaporation.

Ces résultats semblent donc annoncer que tous les oxides de fer trouvés dans la terre sont dus à la décomposition de l’eau.

M. Boussingault (i) s’est occupé de la même question. Les oxides de fer qui ont séjourné dans les maisons habitées, ayant pu absorber des émanations animales, il a cherché si l’oxide de fer naturel contient de l’ammoniaque immédiatement après sa sortie de la terre. Dans une mine d’or de Cuinba, oh se trouve un filon puissant de fer oxidé, il a pris un fi-agment de ce dernier et l’a traité par l’eau acidifiéeetpar raciclehydro-chlorique. L’eau de lavage ayant été évaporée, le résidu a été introduit avec un morceau de chaux vive dans un tube de verre fermé par un bout; en humectant le mélange et chauffant légèrement, il s’est dégagé de l’ammoniaque. M. Boussingault en a conclu que cet alcali existait tout formé dans les oxides de fer.

M. Faraday (2) a fait une série d’expériences pour déterminer quelques-unes' des circonstances dans lesquelles se forme l’ammoniaque. Il mit un petit morceau

(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. xliii, p. 334.

(2) Ideiriy t. xxviii, p. 4^5.

5l6 DE LA FORMATION DE l’aMMONIAQUE.

de feuille de zinc bien propre dans un tube de verre avec un morceau de potasse, et plaça a deux pouces audessus une bande de papier de curcuma; puis il chauffa l’extrémité de manière à fondre la potasse. Le papier fut rougi. La potasse, chauffée sans le zinc, ne donna aucun résultat. La production de l’ammoniaque ne peut pas être attribuée à la présence de l’azote , puisque l’expérience, répétée dans l’hydrogène, lui a donné le même résultat. La soude, la chaux et la baryte se sont comportées comme la potasse. Le potassium , le fer, le zinc, l’étain, le plomb et l’arsenic en fournissent beaucoup. L’éponge de platine, l’argent, l’or ne produisent rien de semblable. Des substances dans lesquelles on ne peut supposer de l’azote, ont donné des quantités très-sensibles d’ammoniaque. Les oxides métalliques, comme ceux de manganèse, d’étain, de plomb, etc., n’agissent pas de la même manière.

Suivant M. Faraday, l’eau paraît être nécessaire au succès de l’expérience, parce qu’elle fournit l’oxigèneaux métaux qui s’oxident, ainsi que la présence d’une matière organique adhérente à l’alcali ou à la terre qu’on ajoute.

Ces résultats sont certainement intéressants, en ce qu’ils montrent que l’on doit prendre de grandes précautions, quand on veut reconnaîti e si l’ammoniaque existe tout formé dans certains corps. Mais le mode d’expérimentation de MM. Chevalier et Boussingault étant différent de celui dont on a fait usage M. Faraday, et de plus, le fer, quand il s’oxide spontanément à l’air, donnant naissance à de l’ammoniaque, il paraît tout simple que les oxides de fer naturel en renferment, en admettant toutefois que ces oxides aient été formés ainsi.

Souvent il se dégage du sel ammoniac des houillères embrasées : d’une de ces houillères (i), on a vu sortir à la surface du terrain une grande quantité de fumerolles, qui exhalaient, indépendamment des produits or-

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxi, p. i58.

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