CHAPITRE SIXIÈME. 5l
par la fermentation et les changements chimiques de la matière végétale.
Il n’est pas jusqu’aux débris d’animaux qui ne donnent naissance également à des composés particuliers; on doit ranger dans cette classe le guano, qui est en dépôts de 5o à 6o pieds d’épaisseur et d’une étendue considérable sur les côtes du Pérou , où M. de Humholdt les a observés. Ces dépôts ont été formés par les excréments d’une multitude innombrable d’oiseaux du genre des hérons et des flammants qui habitent des îlots.
M. Necker de Saussure a vu, dans les mines de fer de la Carniole, des dents et des os dhii^sus spelœus^ dont la surface paraissait avoir été corrodée par un acide.
M. Brongniarta fait des réflexions intéressantes sur la transformation par épigénésie des matières orga niques des coquilles en silice, dans un Mémoire sur lesorbicules siliceuses.
Si nous examinons l’intérieur des corps organisés, nous y trouvons dans quelques-uns des cristaux de substances que l’on rencontre dans la terre et qui sont sécrétés par les divers liquides qu’ds renferment. C'est ainsi que M. Turpin (i) a découvert dans l’œuf du limaçon des jai’dins de nombreux cristaux rhomboèdres de carbonate de chaux, sur la paroi intérieure de son enveloppe.
Le tissu cellulaire des feuilles de cactus renferme des cristaux, dont quelques-uns appartiennent à l’oxalate de chaux; il en est de même du tissu médullaire des palmiers, etc.
Si je rapportais ici toutes les décompositions spontanées auxquelles sont sujettes les matières organiques, dès l’instant qu’elles cessent de se trouver sous l’empire des forces vitales, je serais obligé de rappeler une infinité de phénomènes qui rentrent dans le domaine de
(i) Annles des Sciences naturelles^ ï832.
5l4 1>ES SIJBST. QUI ABSORBENT l’ AMMONIAQUE.
la chimie et de m’éloigner par conséquent du plan que je me suis tracé.
§ VIT. Des substances qui absorbent de V ammoniaque; de la nitrification et de certaines propriétés
chimiques des corps poreux.
' La présence de rammoniaque dans un grand nombre de corps est un fait remarquable, dont nous devons faire mention dans cette notice, pai’ce qu’il a des rapports avec les pbénoinènes qui nous occupent.
On a déjà vu que lorsqu’on mouille avec de l’eau distillée des lames de fer, de plomb, de zinc ou d’étain, il se forme immédiatement de l’ammoniaque par suite de la combinaison de l’iiydl-ogène de l’eau avec l’azote de l’air. L’effet est le même quand on opère avec un couple voltaïque ou une pile. Gela tient à ce que les lames d’un métal oxidable deviennent elles-mêmes des éléments voltaïques , aussitôt qu’il y a quelques parties oxidées sur leur surface.
M. Vauquelin (i), qui avait été chargé par le tribunal de première instance de Paris d’examiner la nature des taches de rouille qui se trouvaient sur un sabre , que l’on soupçonnait avoir servi à un assassinat, trouva quelles renfermaient de l’ammoniaque, comme toutes les taches de rouille en général. Il en tira alors la conséquence que la rouille qui se forme dans l’intérieur des maisons , est capable d’absorber des vapeurs ammoniacales; mais il ne peut en être ainsi, comme les expériences citées ci-dessus l’indiquent, puisque les taches de rouille deviennent les pôles négatifs des petites piles qui se forment sur la surface du fer, quand le métal s’oxide; il est tout simple que l’ammoniaque se porte sur ces taches, qui peuvent l’absorber en vertu de leur porosité.
M. Chevalier (2) ayant introduit des tournures de
(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxiv, p. 99. (a) Idem , t. XXXIV, p. 109.