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est rapide; car on gratte la surface des couches qui se fbi'inenl: journellement plusieurs fois par an. La nitrification est abondante dans les saisons chaudes et humides; elle l’est moins dans les saisons chaudes et sèches, et encore moins dans les saisons froides et humides.
Les nitrières sont éloignées des habitations.
On voit donc que le nitre se forme, dans cette localité, à Faction des rayons solaires , tandis qu’en Suède, les nitrières artificielles ne réussissent qu’à la faveur d’une obscurité parfaite.
M. Dumas , qui a examiné les localités, pense que la craie nitrifiable ne renferme pas assez de matières animales pour que l’on puisse atti ibuer à celles-ci la formation presque indéfinie des nitrates, mais qu’il pourrait se faire que la grande quantité de vapeui’s chargées de matières organiques, qui s’élèvent des terrains environnants et de la Seine, qui coule au bas de la colline, fussent absoi'bées par la craie et y déposassent les résidus organiques nécessaires à la formation du nitre.
M. Gaultbier de Claubry prétend qu’il est parvenu à prouver que le carbonate de chaux, qui ne renferme aucune ti’ace de matières organiques, peut se nitrifier sous la seule influence de l’air et de l’humidité, et que c’est par celle de l’ammoniaque qu’elles produisent que les substances azotées donnent naissance à l’acide nitrique.
]\L Fournet a donné récemment une théorie de la nitrification qui est assez rationnelle : il pense que la nature peut produire l’acide nitrique, sans le concours des matièi’es organiques , par la seule réaction des éléments de l’air et de la vapeur d’eau. Suivant M. de Saussure, l’oxigène est plus eondensé par les coi'ps poreux que l’azote, dans le rapport de 6,5o à De plus,
j\lM. Gay-J^ussac et de Humboldtont observé que Fair, dégagé de l’eau par l’ébullition, contient d’autant plus d’oxigène que les diverses fractions de ce gaz ont été recueillies plus tard. Il en résulte que l’oxigène est nonseulement retenu avec une grande force; mais ce qu’il
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y a de remarquable, c’est que la composition des dernières parties de gaz approche beaucoup de celle du protoxide d’azote. M. Fournet en a conclu qu’il pourrait se faire que les actions réunies des corps poreux et de l’eau sur les éléments de l’air produisissent d’abord du protoxide d’azote, puis du nitrate d’ammoniaque, attendu que l’on sait que ce dernier sel se décompose en protoxide d’azote et en vapeur d’eau.
Ce nitrate une fois foiané réagit sur les carbonates alcalins, leur cède son acide et se change en nitrate de potasse, tandis que l’ammoniaque se combine avec l’acide carbonique et se dégage.
M. Fournet appuie sa théorie sur plusieurs faits connus, et en particulier sur ce que l’étincelle électrique , en traversant l’air, forme du nitrate d’ammoniaque que l’on retrouve en dissolution dans les pluies d’orage.
J’ajouterai aux détails que je viens de présenter une observation qui pourra être prise en considération par les personnes qui s’occupent de la théorie de la nitrification, c’est que, dans toute action électro-chimique, quelque faible qu’elle soit, si l’eau est décomposée au contact de l’air, il y a toujours formation d’ammoniaque.
Le phénomène de la nitrification, dans les roches poreuses, me conduit à parler des propriétés dont jouissent les éponges métalliques et autres corps poreux, ou en parties très-divisées, de produire des actions chimiques.
Fontana a découvert que lorsqu’on laisse refroidir du charbon en igoition dans un milieu hermétiquement fermé, il acquiert la propriété d’absorber plusieurs fois son volume de gaz. Rouppe Morozzo et Horden ont étudié ce phénomène, tandis que M. de Saussure en a trouvé la cause. Il a déterminé combien le charbon condensait de fois son volume la plupart des gaz connus. L’absorption dure pendant 24 ou 36 heures, excepté dans le gaz oxigène, parce qu’il se forme du gaz acide carbonique, que le charbon retient dans ses pores; mais néanmoins il y a une limite. Cette propriété du
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charbon appartient à tous les corps poreux; néanmoins elle n’est pas la même pour tous. Les dimensions des pores entrent pour beaucoup dans la propriété absorbante; ainsi le charbon de liège, qui en a de très-grands, ne peut rien absorber. Diverses expériences portent à croire que ce phénomène est en grande partie mécanique.
M. de Saussure a reconnu ([ue le graphite, en raison de sa densité, ne condense rien , que récume de mer, le schiste happant de Ménilmontant, l’asbeste, etc., dont on a retiré l’air avec la machine pneumatique, absorbent plusieurs fois leur volume de gaz.
Quand on opère dans des mélanges de gaz , chacun d’eux est absorbé en raison de son attraction pour les corps poreux. On a remarqué que certains gaz sont plus condensés, quand ils se trouvent ensemble que séparés. Nous citerons pour exemple l’hydrogène et 1 oxigène, l’acide carbonique et l’oxigène. On ne peut attribuer cet effet à utîe combinaison, car les deux premiers sont expulsés par la chaleur, sans que Ion aperçoive aucune trace d’eau. Il n’en est pas de même de l’hydrogène sulfure et de 1 oxigene , car il resuite de leur absorption de l’eau et un dépôt de soufre. Je ferai encore remarquer que, lorsqu’un liquide mouille un solide, il y a dégagement de chaleur (i). Ce phénomène montre qu’à l'instant oii s’exerce l’action capillaire, il se passe dans les molécules des corps un ébranlement analogue à celui que l’on remarque dans les combinaisons. Les effets électriques observés dans les mêmes circonstances conduisent à la même conséquence. M. Pouillet, qui s’est occupé de cette question , a soumis successivement à l’expérience, parmi les substances végétales, le charbon, l’amidon, le bois, les écorces, etc., et, parmi les substances animales, la soie, la laine, l’éponge, les cheveux, les tendons, etc.; la température n’a jamais été moindre de deux degrés, et elle s’est élevée
(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xx, p. l\i.
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jusqu’à dix degrés avec l’amidon, la racine de réglisse pidverisee, etc. Ayant cberdié à déterminer l’espèce de maison que 1 eau forme avec les corps organisés, il a trouvé que la quantité d’eau absorbée^ n’est ni congelée dans leur intérieur, ni combinée ebimiquement avec leurs eîements. Enfin il a conclu de ses observations, que les effets capillaires et ceux de l’absorption sont dus à la meme cause.
M; Dobœ reiner a donné une plus grande extension aux propriétés absorbantes des corj:)s "poreux. Lorsque ceux-ci sont métalliques, il a découvert qu’une éponge de platine devient incandescente lorsqu’on la place à l’endroit ou 1 bydrogene qui s’échappe d’un réservoir se trouve intimement mêlé avec l’air.
]\ÎM. Dulong et Tbénard ( i), qui ont étudié cette propriété, ont reconnu les faits suivants : Si l’on plonge une éponge de platine dans un mélange de deux parties d’bydrogène et d’une d’oxigène, il y a détonation, et s il s y trouve un gaze étranger, tel que l’azoté, la combinaison s effectue lentement, la température s’élève peu a peu, et 1 on voit bientôt l’eau se condenser sur la cloche.
L épongé de platine, fortement calcinée, perd la propriété de devenir incandescente dans le méîaime détonliant, mais elle possédé encore la propriété de produire lentement la combinaison des deux gaz.
Une feuille de platine très-mince, enroulée sur un cylindre de verre , ne produit aucun effet dans le mélange détonnant, tandis qu’elle agit, lorsqu’elle est chiffonnée, comme une bouri'e de fusil.
Les fils et les lames de platine, dont l’action est nulle à la température ordinaire, agissent lorsqu’on l’élève à deux ou trois cents degrés. D’autres corps produisent les memes effets par 1 élévation de la température.
L’oxide de carbone et l’oxigène se combinent ensemble, et le gaze nitreux est décomposé par l’hydrogène,
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxiii, p.