CHAPITRE SIXIÈME
marche graduelle de ces dépôts. M. Cuvier, qui a discuté cette grande question, dans son Discours sur les révolutions du globe, avance que, si Ton examine avec attention ce qui s’est passé à la surface du globe, depuis qu’elle a été mise a sec pour la dernière fois, on reconnaît que la dernière révolution, et par conséquent l’établissement de nos sociétés actuelles, ne peut pas être très-ancienne. Pour ari’iver aux preuves, il avance qu’il suffit de mesurer les effets produits, dans un temps donné, par les causes qui agissent aujourd’hui , et de les comparer avec ceux qu’elles ont produits depuis qu’elles ont commencé dagir. On peut ai’rlver, par ce moyen, à déterminer à peu près l’instant ou leur action a commencé, lequel est précisément le même que celui où nos continents ont pris leur forme actuelle et ou la dernière retraite subite des eaux a eu lieu. Notre illustre naturaliste a pris pour base l’accroissement progressif des atterrissements et des alluvions le long des fleuves, dans un temp>s donné. Il raconte, à cet égard, les observations qui ont été faites en Egypte, oîi l’élévation du sol s’opère en même temps que la surface s’étend du côté de la mer; ce qui fait que chaque année l’inondation dépasse de beaucoup les marques qu’elle avait laissées dans les siècles précédents. Il passe en revue la marche des atterrissements lelong des principaux fleuves de l’Europe et des côtes de la mer, qui la ceignent dans quelques parties. En Frise et dans le pays de Groningue, où les premières digues ont été construites en loyo, cent ans après, l’on avait déjà gagné en cpielques endroits trois quarts de lieue de terrain en dehors de ces digues. On pourrait observer le même phénomène et avec la même précision, ajoute M. Cuvier, tout le long des côtes de l’Ost-Frise, du pays de Brême et du Holstein, parce que l’on connaît les époques ou les nouveaux terrains furent enceints pour la première fois, et que l’on y peut mesurer ce que l’on a gagné depuis. Tous ces faits et un grand nombre d’autres encore ont été bien constatés, mais je ne vois pas les conséquences positives que Ton en a tirées pour remon-