CHAPITRE SïXièME
compositions, et en n’ayant égard qu’à l’action des eaux minérales sur les roches de diverses natures qu’elles rencontrent dans leur trajet.
Je prendrai les cas les plus simples, afin de mieux montrer le parti que l’on peut tirer de ce mode d’expérimentation dans l’explication de quelques phénomènes géologiques. Prenons une dissolution de nitrate ou de sulfate de cuivre, saturée ou non, peu importe , et plaçons dedans un morceau de chaux carbonatée crayeux ou bien un morceau de calcaire grossier. L’excès d’acide réagira peu à peu sur le' calcaire, en chassera l’acide carbonique, donnera naissance à du nitrate ou à du sulfate de chaux, et il se déposera sur la surface des cristaux de sous-nitrate ou de sons-sulfate de cuivre insoluble. Cette action continue pendant très-long-temps, quoique la surface soit recouverte de cristaux; il suffît que le liquide puisse s’introduire dans l’intérieur par la capillarité, pour que la réaction s’opère toujours de l’extérieur à l’intérieur. Il faut aussi que les petits interstices permettent à l’acide carbonique, au nitrate et au sulfate de chaux, de sortir; il y a donc un double courant qui a de l’analogie avec l’endosmore et l’exosmore. J’ai obtenu par ce moyen des morceaux de craie qui étaient décomposés jusqu’à une profondeur d’un millimètre, en un mois de temps. En employant l’action de la chaleur, on accélère considérablement les réactions dont je viens de parler, seulement les cristaux sont moins caractérisés et plus confus. Quand on opère avec le sulfate de cuivre, les cristaux de sous-sulfate sont recouverts de sulfate de chaux.
En substituant au nitrate et au sulfate de cuivre, le chlorure, on a un sous-chlorure analogue à celui que l’on trouve dans les mines du Pérou.
Nous pouvons conclure de là, que si les eaux char, gées de sulfate de cuivre qui suintent dans les terrains 'oii il existe des pyrites cuivreuses en décomposition^ rencontrent du calcaire, il doit se produire des compo.
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ses semblables aux précédents. Le sous-nitrate de cuivre n’a pas encore été trouvé jusqu’ici dans la nature, tandis que le sous-sulfate et le sous-chlorure s’y rencon- - tient quelquefois.
Ces trois substances peuvent é[)rouver d’autres transformations par l’action des eaux minérales; mais, pour les faire connaître, il est nécessaire que j’expose préalablement un principe particulier qui n’a pas encore été décrit.
Les eaux minérales , particulièrement celles qui existent dans les terrains volcaniques anciens ou modernes, contiennent, comme on sait, plusieurs sels , entre autres du carbonate et du bi-carbonate de soude. Prenons le bi-carbonate et mettons dans la dissolution de ce sel étendue d’une fois son volume d’eau , le morceau de calcaire recouvert de petits cristaux de sous-nitrate de cuivre, et laissons réagir lentement les uns sur les autres ' les divers éléments qui se trouvent en j)résence. Du gaz acide carbonique se dégagera peu à peu , et il se formera en même temps un double carbonate de soude et de cuivre en petits cristaux, et du carbonate de chaux également en très-petits cristaux rhomboèdres, dus à la réaction sur le carbonate alcalin, du nitrate de chaux formé aux dépens de l’acide nitrique du sousnitrate et de la chaux qui se trouvait en contact avec ce sel.
Maintenant, pour transformer ce double carbonate en carbonate hydraté vert de cuivre, autrement dit malachite, il faut faire réagir lentement dessus une dissolution de sulfate de cuivre; il se forme alors un double sulfate de cuivre et de soude qui reste dissous, un sous-sulfate de cuivre insoluble et un carbonate de cuivre qui cristallise en aiguilles, ou eir petites houppes soyeuses.
Ce principe des transformations successives, dont la chimie ne s’est pas encore occupée , est d’une grande importance dans les actions spontanées ainsi que dans les réactions minérales ; car on conçoit très-bien que des actions semblables peuvent et, je dis plus, doiven t se produire dans la terre.