‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 25 sur 141 · ACTIONS PAR INFLUENCE · texte numérisé non relu

ACTIONS PAR INFLUENCE

tianna rélectroinètre de Nollet. Il employa deux fils de métal qui portaient, à leurs extrémités, des petites balles de moelle de sureau. Volta se contenta de deux pailles et chercha h prouver, par de nombreuses expériences et en négligeant les effets de la pesanteur, que ce nouvel électromètre possédait seul la propriété de donner, jusqu’à 3o^, des écarts angulaires proportionnels aux charges électriques. Saussure, en lySS, ajusta à l’électromètre de Cavallo une tige métallique de 8 à 9 centimètres de long, pour étudier l’électricité atmosphérique; et, afin de l’aller chercher à de plus grandes distances, il attacha à cette tige l’un des bouts d’une corde métallique, et à l’autre extrémité hine balle de plomb qu’il lançait en l’air. Volta, deux ans après, augmenta la puissance de cet appareil, en fixant, à l’extrémité supérieure de la tige métallique de Saussure une bougie ou une simple mèche enflammée, pour échauffer l’air environnant, le rendre meilleur conducteur et faciliter ainsi l’écoulement du fluide électrique.

Les actions par influence, qui sont produites par un corps électrisé , placé à peu de distance d’un corps isolé, paraissent avoir été observées, pour la première fois, par les missionnaires de Pékin, qui les annoncèrent, en 1755, en Europe ( t). Ils avancèrent que l’électricité, qui était ainsi développée par l’action d’un corps électrisé, se montrait ou disparaissait suivant que les corps étaient séparés ou en contact immédiat. Bientôt après, cette observation intéressante fut l’objet de recherches de la part de Canton, d’Æpinus, de Wilke, de Signa, de Franklin, de Beccaria et de Volta. Canton est le premier qui s’en soit occupé, dans un Mémoire lu à la Société royale le 6 décembre lySS (2), deux ans avant par conséquent que les lettres des missionnaires ne parussent en France. Mass Wilke et Æpinus sont les physiciens qui ont le plus fait pour avancer

(i) Éloge historique de Volta par M. Arago. (^2) Philos. Trans., vol- xlviii, p. i , p. 35o.

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I PEKÎODF, CHA.PITRJi PREMIER.

cette partie de la science. Voici en quoi consiste ce mode d’action (i). Lorsqu’un corps électrisé est placé à peu de distance d’un autre qui ne l’est pas, ce corps décompose l’électricité naturelle de celui-ci, attire celle de nom contraire et repousse l’autre dans la partie la plus éloignée. Si l’on donne écoulement dans le globe à celle-ci, le corps se trouve posséder un excès d’électricité contraire à celui du premier. Mais si l’on retire seulement le corps électrisé, les deux fluides se recombinent aussitôt pour former du fluide neutre. Volta appliqua ce principe à la construction de l’électrophore, appareil composé d’un gateau de résine et d’un disque de cuivre, auquel est adapte un manclie isolant pour le soulever sans le toucher. 11 suffit de frotter la résine avec une peau de chat pour avoir une 'source continuelle d électricité, en posant dessus le dis([ue et le toucher du doigt. Volta ne tarda pas à transformer son électrophore en condensateur, véritahe microscope qui décèle la présence du fluide électrique là ou tout autre moyen reste muet.

§ IV. Distribution de V électricité sur la surface des corps; phénomènes atmosphériques rapportés a l’électricité.

Les physiciens, depuis Franklin, se sont occupés de déterminer la distribution du fluide électrK[ue sur les corps; Beccaria paraît être le premier qui ait découvert, a laide de son puits électrique, qu’il se transporte en entier à leur surface, sans qu’il en reste la moindre trace dans l’intérieur (g*).

On fit voir que la capacité électrique d’un corps, soit (pi il fut vide ou plein, était la même, pourvu cpie la surface ne changeât pas. Lemonier montra cpie bien

(1) Wilke, p. 73 et suivantes. Æpinii Tentamen,p. 129.

(2) Elettricismo artificiale, p. 186.

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