‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 28 sur 141 · DES POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

DES POISSONS ÉLECTRIQUES

meut, à appeler poissons électriques tous ceux qui donnent des commotions.

En 1772, Walsh étudia avec plus de précision qu’on ne l’avait fait avant lui les effets de la torpille. Il reconnut que l’on recevait la commotion toutes les fois qu’on la touchait avec un bonconducteur tandisque l’on n’éprouvait aucun effet avec un corps mauvais conducteur. Il résultait de là que la commotion pouvait être communiquée à plusieurs personnes se donnant la main, pourvu que l’une d’elles seulement touchât la torpille. Walsh remarqua encore qu’elle exerçait une influence, à distance, sur les petits poissons. Il constata aussi par un grand nombre d’expériences, que la commotion était le résultat d’un acte volontaire du poisson. Ces observations tendaient à faire croire que la commotion avait une origine électrique.

Walsh obtint les mêmes résultats avec une anguille de Surinam et remarqua, en outre, que l’effet se transmettait même lorsque le conducteur avait une solution de continuité de peu détendue. Dans ce cas, l’on voyait dans l’intervalle une lueur semblable à celle de l’étincelle électrique.

On s’occupa, dans le courant de cette période et à plusieurs reprises, des phénomènes électriques de frottement, sans pouvoir cependant rien découvrir sur les causes probables de ce pliénomène. On commença aussi à observer quelques effets électriques, dans le contact des corps; mais les expériences qui furent faites à ce sujet par Bennet (i) ne parurent pas d’un grand intérêt. Il était réservé à Voila de tirer un immense parti d’une propriété qui n’avait été qu’entrevue avant lui. Les physiciens qui le précédèrent avaient rempli leur mission, en fondant la statique électrique; ils lui abandonnèrent le sceptre pour créer une branche de l’électricité plus féconde en découvertes.

Wilke avait fait des expériences curieuses sur la lu-

(i) Annales de Chimie, t. lxiii, p. 227.

l PERIODK, CllAPiriîE PllEMlEll. 67

niière électrique; en frottant 1 un contre fautre deux morceaux de verre dans robscurité, il l’emarqua une lumière pliosjDhorique , qui ne lançait aucun rayon et était adhérente à l’endroit où elle était produite. Elle n’était accompagnée d’aucune attraction ni répulsion. Il en coiiclut que le frottement seul n’excitait pas l’électricité de manière à l’accumuler sur les corps, et que, pour produire cet effet, il fallait encore que les corps frottés fussent de nature différente, par rapport à leur manière d attirer le fluide électrique. Il supposa alors que toutes les lumières pliosphoiâques qui ne produisent pas d attraction, viennent d’une électricité excitée; il pensa que telle était la lumière que donnaient la pierre de Bologne, le bois pourri, le sucre pilé et les verres de toute espèce.

Beccai’ia avait fait des observations sur les propriétés lumineuses qu’acquièrent certains corps, quand ils sont exposés à la lumière solaire, propriétés qu’ils conservent pendant quelque temps. Beccaria expérimenta sur les mêmes corps et trouva qu’ils pouvaient également retenir la lumière électrique, c’est-à-dire, qu’ils restaient lummeux pendant quelques instants ajirès avoir fait passer dessus la décharge d’une bouteille de Leyde. Il cita particulièrement le sucre et le linge très-fin et tres-sec, en ajoutant que la lumière phospborique , qui se développait par la percussion, avait la plus graiule ressemblance avec la lumière électrique, sans cependant pouvoir démontrer leur identité.

Canton s’occupa aussi de la même question ; il étendit le nombre des sulistances qui devenaient lumineuses après la décharge électriipje, savoir, le gypse, les cocpiilles (riiuître et une préparation particulière qui présentait la phosphorescence à un haut degré. Ces expériences étaient sans doute d’un grand intérêt, mais elles ne démontraient que deux choses: qu’il existait une grande ressemblance entre la lumière phosphoiaque et la lumière électrique; a"" que les corps qui étaient phosphorescents spontanément étaient ceux qui ac-‘

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