‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 34 sur 141 · DES DÉCOMPOSITIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

DES DÉCOMPOSITIONS CHIMIQUES

fît entrer deux fils de cuivre, en communication chacun avec une des extrémités de la colonne voltaïque et dont les pointes étaient éloignées Tune de l’autre d’environ deux pouces. Il vit paraître aussitôt un petit courant de bulles très-fines. Ces bulles semblaient sortir de la pointe qui communiquait avec la pièce d’argent. La pointe opposée se ternissait a mesure et prenait une couleur d’abord orange foncée, puis noire. En renversant le tube, les effets étaient contraires. I.e gaz dégagé, ayant été mêlé avec une quantité égale d’air commun , il détonna par l’étincelle électrique. Nicbolson fut étonné de voir, que riiydrogène se dégageait h un des fils, tandis que foxigène se combinait avec l’autre.

Carlisle répéta l’expérience avec des fils de cuivre et de l’eau colorée en bleu par le tournesol ; l’eau devint rouge au bout de dix minutes environ, jusqu’à la hauteur de l’extrémité supérieure du fil inférieur; le reste de la liqueur conserva la couleur bleue. Un acide avait donc été transporté au pôle positif.

Nicholson observa que la décomposition chimique avait lieu entre chaque paire des deux métaux; que le zinc s’oxidait à sa surface; que le sel marin se décomposait et fournissait une efflorescence de soude sur le cuivre. Les deux physiciens n’ayant pu s’occuper en commun des mêmes recherches, Nicholson les continua seul, et, après avoir préparé des piles avec des lames de diverse épaisseur, il trouva que la prolongation de la série alternative était plus efficace que l’augmentation des surfaces de contact , et que l’épaisseur des plaques ne contribuait en rien à l’effet.

Il répéta la même expérience, en employant deux fils de platine , et vit alors un dégagement de gaz à l’extrémité de chaque fil; il en conclut que la décomposition de l’eau s’était opérée par l’action galvanique.

Les deux gaz ayant été recueillis séparément et mesurés, il trouva que leurs volumes étaient dans le rapport de ceux des parties constituantes de l’eau. Ayant mis de l’eau acidulée dans le tube et opérant avec des fils

2® PÉRIODE, CHA.P1TRE PREMIER. lOI

de cuivre, le fil négatif donna un peu d’hydrogène, tandis que l’autre, attaqué à sa surface, ne se recouvrit point d’oxide; mais il se fît un dépôt de cuivre métallique à 1 extrémité du fîl négatif; ce dépôt, au bout de quatre heures, avait la forme d’une végétation métallique.

C est la première observation relative au transport d une hase au pôle négatif. Il annonça encore la formation d’une substarice saline et d’une substance alcaline à chacun des deux pôles de la pile (i).

Cruiskhaiiks, à Woolwick, découvrit, en même temps que Nicholson et Carlisle, les décompositions chimiques par la pile (2).

Un e solution de muriate d’ammoniaque était préférable, suivant lui, à l’eau pure pour humecter le carton interposé entre les couples zinc et argent. Il observa également la décomposition de l’eau avec des circonstances particulières, sûivant la nature des conducteurs qui plongeaient dans l’eau. A l’extrémité du fîl positif, li s était tonne un nuage lilanc qui avait pris peu à peu une couleur plus foncée. Il se demanda ce qu’était devenu loxigene, mais il ne put entrevoir la réponse; il soupçonna que le dépôt dont on vient de parler était du muriate d’argent provenant du fîl attaqué, qui avait ete dissous et précipité ensuite par les sels muriatiques contenus dans l’eau commune.

Cruiskhanks n’employait dans ses expériences que des fîls d argent pur. Quand il ajouta du vinaigre dans l’eau, une certaine quantité d’ai'gent fut dissoute, laquelle se précipita ensuite à l’état métallique sur le fil négatif. Enfin , ayant opéré avec deux tubes remplis d’eau, joints par un fil d’argent et en communication chacun avec l’une des extrémités de la pile, il vit le gaz se dégager à l’extrémité du fil d’argent entrant dans le premier tube, tandis que le liout du fil opposé, dans le

(1) Nicholson’s .Journ. , p i83.

(2) Journ. de Nîcholson, juillet 1800.

Page 1