DES DÉCOMPOSITIONS CHIMIQUES
même tube, fut attaqué; l’inverse fut produit dans l’autre tube (j). Dans la décomposition de l’eau, la quantité d’oxigène était d’autant plus grande avec des fils d’ or, qu’ils renfermaient moins d’argent. On lui doit un appareil^pour recueillir séparément chacun des deux gaz. Au moyen du gaz nitreux et de l’étincelle électrique, il reconnut que le gaz provenant du fil négatif était de l’hydrogène, et celui qui se dégageait de l’autre coté de l’oxigène pur , quelquefois mélangé d’un peu d’azote.
En opérant avec de l’eau distillée, il crut avoir formé de l’acide et de l’alcali; mais nous verrons plus tard la cause de cette production. Il observa encore les effets obtenus avec les bis d’or ou de platine sur les teintures de tournesol et de bois du Brésil, ainsi que le transport des métaux au pôle négatif, sans qu’il y ait dégagement d’hydrogène. Enbn Cruiskbanks tenta de découvrir quelles étaient ces substances acide et alcaline qui se manifestaient aux pôles opposés de la pile et que Nicholson avait signalées (2). H supposa que l’acide était le nitrique, et l’alcali l’ammoniaque. Bitter (3) observa aussi les phénomènes de décomposition de la pile. Il annonça que non-seulement les sels métalliques, mais aussi les sels terreux, semblaient être décomposés par la batterie électrique; que la base rendue libre était transportée au pôle négatif et l’acide au pôle positif, et qu’il n’était pas invraisemblable que plusieurs acides fussent décomposés. On voit donc qu’il obtint les mêmes résultats que Nicholson, Carlisle et Cruiskhanks.
William Henry (4) décomposa l’ammoniaque. Je passe sous silence ses autres observations électro-chimiques, parce que la plupart sont remplies d’erreurs.
( i) Bibl. britann. , t. xvi , p. 2!.
(2) Nicholson’s Journal, t. iv.
(3j Nicholson’s Journal , août 1800.
(4) Journal de Chimie de Van Mons, n° 2, p. I2x.
Si® PÉRIODE, CHAPITRE PREMIER. loS
■ Dayy (i) s’occupa des mêmes recherches et en com^ muniqua le résultat à Nicholsoii. La pile dont il fît usage avait iio couples. En examinant s’il y avait possibilité d’obtenir séparément l’oxigène et Thydrogène avec des portions d’eau qui n’étaient pas en contact l’une avec l’autre, il reconnut que la fibre musculaire transmet mieux l’électricité que la fibre végétale , et celle - ci mieux que le fil humecté ; après avoir établi la communication avec un morceau de muscle frais entre deux verres séparés remplis d’eau , lesquels communiquaient avec la pile au moyen de fils d’or, il recueillit les gaz, les pesa, et reconnut que le pôle négatif avait dégagé de l’hydrogène presque pur.
Ayant constaté, comme plusieurs physiciens l’avaient trouvé avant lui, que l’on pouvait extraire séparément de deux quantités d’eau, communiquant ensemble par des conducteurs métalliques ou des fibres musculaires, de l’oxigène et de l’hydrogène dans les proportions voulues pour faire de l’eau, il chercha à reconnaître si le contact des fils de métal avec les disques métalliques de l’appareil était indispensable ; le circuit ayant été formé, Davy observa avec surprise que le bout du fil plongé dans l’eau qui communiquait avec l’argent s’oxidait, tandis qu’il sortait du gaz de cette partie du fil qui plongeait dans le vase communiquant au zinc : ce résultat est semblable à celui cjue Nicholson et Cruisklianks avaient découvert avant lui dans leur circuit interrompu. On voit que les principaux phénomènes de décomposition par la pile ont été observés presque simultanément par plusieurs physiciens à la fois.
Vassali-Eaudi décomposa l’acide nitrique concentré, ainsi que l’alcool. Brugnatelli publia en i8oi des observations électro-chimiques, particulièrement sur la formation d’un acide électrique au pôle positif, dont la
(i) Journ. de Physique, pluviôse an ix, p. loi.
I04 THÉORIE DU COJXTAGT.
plupart n’ont plus aucun intérêt depuis les travïtUx de Davy (i).
§ V. Théorie du contact; des diverses piles.
Volta, qui s’était aperçu que la théorie qu’il avait donnée de la pile n’avait pas été bien comprise par tous les physiciens, vint à Paris en i8oi pour l’exposer à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national. Il commença, le i6 brumaire an ix, la lecture d’un Mémoire qui contenait le détail et le résultat de ses expériences sur le galvanisme , et la continua dans les deux séances suivantes. Il détermina d’abord avec exactitude les degrés de force que l’électricité recevait du contact de deux métaux différents, contact qui les rendait non-seulement conducteurs , mais excitateurs du principe électrique. Il choisit paimi les métaux les plus actifs, l’argent et le zinc, dont l’alliage avec d’autres métaux augmente leur efficacité. L’un et l’autre bien nettoyés et polis étant mis en contact par line de leurs surfaces, décomposent le fluide électi'ique; le fluide positif passe dans le zinc, et le fluide négatif dans le cuivre, en vertu d’une action à laquelle il donna le nom de force électromotrice. A l’aide de son électromètre condensateur, comme je l’ai déjà dit, il rendit sensible chacune de ces deux électricités, en indiquant en même temps toutes les précautions à prend l e pour répéter cette expérience délicate; il annonça ensuite que l’eau pure ou salée ne jouissait que d’une action electromotrice très -faible, comparée à celle des métaux, tandis que les acides concentrés, les liqueurs alcalines et les sulfures alcalins imprimaient, par leur contact avec divers métaux, une impulsion très-sensi-
(r) Annali di Chiinica , t. xviii, i36.
PERIODE, CEIAPIIRE PREMIER. io5
ble; qu il était possible de déeouvrir dans chaque cas 1 intensité de la force électroinotrice ; qu’il était parvenu a former réclielle suivante ; argent, cuwre, fer, étain, plomb , zinc, dans laquelle le premier métal chasse le fluide électrique dans le second, le second dans le troisième et ainsi de suite. Yolta comprit même dans cette echelle d’autres métaux: , des substances minérales, le charbon et d’autres corps qui semblent pousser le fluide électrique dans d’autres métaux, surtout dans le zinc, avec plus de force que l’argent, tels que la plombagine et le peroxide de manganèse. Il insista ensuite beaucoup sur la nécessité de placer entre les couples métalliques des couches humides, sans lesquelles il était impossible d’augmenter la tension de l’électricité.
La force ou 1 impulsion que deux métaux donnent au f uïde électrique est égale, suivant Yolta, à la somme des forces de ceux qui se trouvent dans la série graduée entie ces deux métaux; ainsi, que les métaux intermédiaires entrent ou n’entrent pas dans l’appareil consti uit, 1 effet est le meme que si les deux métaux extrêmes étaient immédiatement en contact. ]1 témoigna le désir quon découvrît un électromoteur entièrement composé de substances solides, découverte qui, suivant lui', ne paraissait pas tout-à-fait impossible. Il se demanda ensuite si le rapport qui existe dans la force électromotrice des métaux et qui ne s étend ])oint jusqu’au passage t.e ceux-ci aux licpiides, se présenté de nouveau parmi les liquides ou conducteurs de 9." classe. Il répondit surle-champ que dans la supposition même de l’existence de cette action, il serait impossibhî de former un appaleil assez actif pour produire des commotions et des étincedes, mais que la nature avait reuni ce précieux avantage dans les organes électricpie^^ de la torpille et du gymnote. Il sentit alors la nécessité d’admettre, pour les liquides, ou un rapport différent dans leurs actions électiiques, ou bien une classe de conducteurs pris dans la a*’, qui s’accordassent entre eux dans l’exerciée de la puissance électromotrice. Suivant Yolta, cette .r classe