I06 THÉORIE DU CONTACT
de corps, à la fois conducteurs et moteurs , peut être formée de substances imbibées d’une humeur qui , se coagulant et se fixant à un degré imperceptible à nos sens, mérite improprement le nom de substance humide. Il avança que, dans les organes électriques de la torpille, les petites couches ou pellicules, placées les unes sur les autres dans chaque colonne, étalent alternativement formées de conducteurs appartenant moitié à la 2^ classe, moitié à la 3®, avec un arrangement tel que chaque couple hétérogène de la 3^ classe se trouvait séparé par un conducteur delà 2^. L’homme de génie qui a présidé à nos destinées pendant quinze ans, et dont la gloire se reflétera long-temps sur notre patrie, se trouvait à la séance de l’Institut où Volta lut la seconde partie de son Mémoire sur la théorie de la pile. Il admira surtout la décomposition de l’eau, et proposa à ce sujet plusieurs expériences. Il aurait voulu, par exemple, qu’à des températures très-opposées on fît, sur l’action de la pile, des expériences comparatives pour s’assurer si le calorique avait quelque influence sur le passage du fluide électrique à travers les métaux et les conducteurs humides, si les métaux, selon leurs divers états, offraient des variétés remarquables dans leur faculté conductrice et motrice de ce fluide. Il aurait désiré qu’on portât une attention particulière sur le fer, métal qui se présente dans des états si variés. Les mêmes expériences, faites sur le fer cru , sur le fer malléable , sur l’acier, etc., pourraient, par leurs résultats, fournir de nouvelles lumières propres à perfectionner la théorie électrique. Enfin (i), Napoléon témoigna le désir qu’on fît des expériences plus en grand, pour mieux étudier les résultats, et il proposa de décerner une médaille d’or à Volta pour ses belles découvertes. Une commission nombreuse fut aussitôt nommée par la classe, pour lui rendre un compte détaillé de l’importante communi-
(i) Hist. de l’électricité, par Sue, t. iv, p. 36.
cation qu’elle venait de recevoir. Cette commission choisit pour son rapporteur M. Biot , qui s’acquitta de ses fonctions de la manière la plus remarquable. Je n’entrerai pas dans 1 examen de ce rapport en raison de son etendue; mais je me bornerai à dire qu’il eut l’avantage de bien faire connaître la théorie de Volta , en définissant nettement ce que l’on devait entendre par force electromotrice. La commission proposa en meme temps d offrir a Volta une médaillé en or, comme un témoignage de la satisfaction de la classe pour les belles découvertes dont il venait d’enricbir l’électricité.
Les phénomènes chimiques de la pile continuaient toujours a etre 1 objet des recherches les plus actives de la paît des physiciens et des chimistes, qui regardaient cet appareil comme devant leur révéler un jour une foule de faits précieux sur la composition et la constitution des corps • aussi en varièrent-ils la forme et l’étendue, dans 1 espoir d’arriver promptement à une énergie suffisante pour en augmenter l’action.
Napoléon s’était passionné pour le galvanisme, et en faisait souvent le sujet de ses conversations avec les savants dont il aimait a s’entourer. Il avait prévu , dès les piemieres decouvertes de Volta, tout le parti que l’on pourrait en tirer pour la philosophie naturelle. Il en aonna la preuve dans la lettre ci-jôinte qu’il adressa au ministre de l’intérieur, laquelle fut transmise par lui à 1 Institut (classe des sciences!.
Paris , le 26 praial an x (i).
« J ai l’intention de fonder un prix consistant en une (( médaille de 3ooofr., pour la meilleure expérience qui
(( sera faite dans le cours de chaque année sur le fluide « électrique
« Je désire donner en encouragement une somme « de 60,000 fr. à celui qui, par ses expériences et ses « découvertes, fera faire à l’électricité et au galvanisme
(i) Mémoires de l’Institut, t. y, p. 233.
io8