‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 41 sur 141 · TRAVAUX DE RITTER · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE RITTER

seur des cartons mouilles, ainsi que par le pouvoir conducteur du liquide dont ils sont imprégnés; que la nature du conducteur solide exerce aussi une influence; enfin que les substances les moins oxidables, telles que le carbure de fer, l’oxide de manganèse, sont les plus propres à la construction de la pile secondaire, qui produit, comme la pile ordinaire, des décompositions chimiques et des effets physiologiques.

Ritter, qui s’est fait illusion quelquefois sur les phénomènes galvaniques, a avancé que la pile recevait, par la seule position perpendiculaire , une charge qui se renforçait quand on donnait à l’appareil une inclinaison de 6o à 70'’ vers le nord; que lorsqu’elle était dans une position horizontale, elle prenait la plus forte charge, en la tournant vers le nord, nord-ouest, etsud sud-est; qu’elle ne recevait aucune charge quand elle coupait cette ligne perpendiculairement.

A la même époque, il annonça de nouveau qu’en suspendant à un fil simple de soie un fil d’or qui avait servi à la décomposition de l’eau, il se tournait vers les pôles magnétiques de la terre.

Volta ayant examiné les piles secondaires de Ritter, déclara que la pile ordinaire ne leur transmettait aucune charge, mais qu’en vertu de l’action chimique ordinaire, le courant électrique continuait, changeait la ^ seule couche humide interposée entre les deux pièces d’or en deux substances diverses , l’une acide et l’autre alcaline, ce qui formait une pile de la seconde espèce fi).

Les propriétés galvaniques dont jouissent les fils de métal qui ont servi à la décomposition de l’eau , n’avaient pas écbappé'^à la sagacité des physiciens qui étudièrent les effets chimiques de la pile; car on trouve dans l’histoire du galvanisme de Sue le passage suivant, à l’occasion d’un appareil de Ritter :

(i) Journ. de Ch. , n° 16, p. i32.

(c On sait qu’un fil de substance conductrice solide, a mis en contact, par ses deux bouts, avec des conduccc teurs humides qui communiquent avec les deux pôles <c de la pile, excite un double dégagement de gaz, sa- (c voir, de gaz oxigène d’un côté, et de gaz hydrogène « de l’autre côté. En interrompant la communication « avec la pile, le dégagement du gaz continue pendant « quelque temps, mais avec un résultat inverse; car le « bout de fil qui faisait dégager du gaz oxigène, fait « dégager du gaz hydrogène. Ainsi ce fil qui , pendant « la communication avec la pile, avait une polarité, ne « la perd pas en sortant de là; mais il l’échange, et la cc partie qui , pendant la communication , était posi- « tive, devient, en la quittant, négative, et vice versâ; « il en est de même pour tous les autres phénomènes. « Ces expériences sont parfaitement d’accord avec la « découverte antérieure du même auteur, que tous les (( corps organisés qui , pendant qu’ils font partie du cercc de galvanique, ont présenté certains phénomènes, (( présentent des phénomènes opposés, lorsqu’ds sont (( sortis de ce cercle. On peut donc établir comme loi « constante que tous les corps organisés^ qui ont une « polaj'ité clans le cercle galeajiiqae , en sortent avec « la polarité inverse (i). «

OErstedt (2) observa qu’un conducteur métallique, qui est resté, pendant quelques minutes, dans la pile de Volta, acquiert la faculté d’exciter les contractions dans la grenouille, quand on le retire pour mettre ses extrémités en contact avec les muscles et les nerfs.

Yan Maruin conseilla à OErsted de faire passer le courant d’une machine électrique vigoureuse par les mêmes fils, afin d’examiner si ce courant produirait le même effet qu’une pile de Volta. H trouva que les mêmes mouvements convulsifs se reproduisaient, mais

(1) Voyez t. III, p. 341.

(2) Journ. de Ch. de Van Mous, n^ 4? P- ô8.

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