‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 56 sur 141 · EFFETS ÉLEC. PRODUITS DANS LES ACT. CHIM · texte numérisé non relu

EFFETS ÉLEC. PRODUITS DANS LES ACT. CHIM

tiK|iies, coîiuDo une hase dans sa reaction sur un acide. Ce résultat n’est pas sans qnel(|üe importance dans I examen des relations qui existéliit entre les forces cliiiniques et celles qui sont mises en jeu dans cette circonstance. Je me suis occupe encore d’un autre mode de dégagement de 1 électricité, qui a du rapport avec celui qui piecède, je veux parler des effets électro-capillaires. Rien n est plus simple que d’observer ce dégagement : on verse dans une cuiller de platine, en eommunication avec un multiplicateur, un liquide quelconcjue, dans lequel on plonge une éponge de platine, communiquant avec le meme a|)pareiL On a un courant qui se comporte assez ordinairement comme si l’éponge était attaquée par 1 acide, quand le liquide, toutefois, est un acide. Il se présenté des anomalies singulières, suivant que Ion oj)ère avec certains acides plus ou moins

concentres , dont on ne peut rendre compte dans ce précis.

Juscju ici il n a été question que de courants électriques produits dans les actions chimiques.

Je cherchai aussi à recueillir de l’électricité de tension dans les memes circonstances. Davy, comme je l’ai déjà dit, pagexs 1^8 et suivantes de cette notice, n’en avait pas tiouveu Ses idées théoriques sur ce point étaient tellement opposées à la présence de 1 électricité dans les phénomènes électri(|ues, qu il ne chercha pas tous les moyens de constaterle fait. Dans lesMemoires ou je pubhaimespremières observations fi ), j attachai peut-être un peu trop d’impoi tance a 1 influence de l’action électro-motrice dans le contact des corps, action que je ne rejette pas touta-fait. (Neanmoins j avoue que les observations qui m’ont étq faites a cet egai'd pai'M. Delarive, ont un peu modifié mes idées sur le rôle que [)eut jouer la force électro-motrice dans le contact des corps, et je reconnais maintenant (juavec le condensateur on obtient, dans les actions

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxv, p. 4o5, et t. xxvii, p. 5.

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chimiques, des effets électriques absolument semblables a ceux dont le multiplicateur accuse l’existence. J’aborderai francbement cette ({uestion dan^ le cours de l’ouvrage, avec tous les développements qu’elle mérite.

Davy (i), en 1826, publia un nouveau travail ayant pour titre : Des relations qui existent entre les actions électriques et les actions chimiques ; et dont le but était de combattre sui' to-us les points les résultats que j avais annoncés sur la production des effets éb'ctricpies dans les phénomènes cbimiques. Dans ce Mémoire il l’epro- (biisit simplement sa théorie électi o-cbnni(|üe dont j’ai déjà parle ; il s’appliipia à prouver (pie les courants electrupies qui accompagnent la combinaison ou la décomposition d('s corps, ne sont^pas dus aux actions chimiques, mais bien aux actions électro-motrices produites pat le contact des lormations nouvt^lb^s av'ec les métaux soumis à l’expérience, et qu’en général il ny a aucun dégagement d’électricité dans les combinaisons.

Davy annoïKxa, contradictoirement à ce que j’avais annoncé, que, dans l’action d’un ' acide sur un alcali, si au lieu de faire communitpnT chacun de ces corps immédiatement avec les bouts du galvanomètre, on interpose entre eux une solution saline, on n’a aucun dégagement d’électricité. Je fis voir qu’il n’avait eu un résultat négatif que parce que son appareil n’avait pas assez de sensibilité.

Convaincu de rexactitude des résultats que j’avais obtenus jjrecedemment , je repris les expériences qui me les avaient donnés (2), je les variai, j’étudiai particulièrement l’influence ({u’c^xercent sur le dégagement de l’électiicile les alterations cpie les métaux eprouvimt de la part des liquides dans lesquels ils sont plonges, et je démontrai, i^qiie l(‘s effets électriques (pii ont lieip sont souvent dirigés dans une direction inverse de ceux que

! i) Annal, de Ch. et de Phys, t. xxxiii, p, 27(), (aj Idem ^ t. xxxv, j). 11 S.

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Davy avait cru reconnaître; 2® que dans la réaction des liquides sur l('s métaux, il n’avait obtenu que des effets composés, qui ne pouvaient le mettre à même de tirer des conséquences générales sur les effets électriques résultant du jeu des affinités. Dès cet instant, Davy cessa de combattre le^ résultats que j’avais annoncés.

M. Nobili

intervint dans cette discussion avec le nndtiplicateur auquel il avait donné une extrême sensibilité. Il obtint également des effets électricjues trèsprononcés, dans la réaction d’un acide sur l’alcali, en ^employant le même mode d’expérimentation que j’avais indiqué. Il annonça, dans le même Mémoire, un fait que j’avais aussi observé quelquefois, c’est qu’en plongeant dans un acide liquide un fragment de potasse ou de soude, on avait souvent, dans le premier instant, des effets éle('tri(|ues inverses de ceux que l’on obtenait quand l’un et l’autre étaient à l’état liquide, c’està-dire que falcaü prenait l’électricité positive. Ces effets, dans les cas ou je les ai observés, n’étaient que de peu de durée et devaient être rapportés aux effets tbermoélectriques dont nous parieions dans le paragraphe suivant.

Dans la plupart des Mémoires déjà cités, j’ai dit que dans les cas ou il y a action chimique, les effets électriques sont invei-ses de ceux que l’on obtient dans le simple contact; j’admettais alors l’action électio-motrice telle que l’a imaginée Volîa, et l’a défendue Davy. J’avoue que, dans mes pr emières l'ecbercbes , je partageai complètement leurs idées à cet égaixl ; je n’osai même pas supposer qu’ils se fussent ti’ompés, tant je* vis que cette théorie avait jeté des racines profondes dans les esj^rits. Ce n’est que peu a peu, en me familiarisant avec les expériences, et surtout après avoir eu connaissance des idées de M. Delarive sur les phénomènes élec-

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxvni, p. aSo; Bibl. uiiiv. , t. xxxvii, p. 24.

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trO"cliimiques , que je couimençai à modifier un peu le rôle que peut jouer la foi’ce électi'o-motrice dans les phénomènes chimiques. Je crois donc que, dans fétat actuel de la science, quoique la plupart des faits connus donnent une origine chimique aux phénomènes èlectro» chimiques, ils ne sont pas encore assez nombreux pour renverser entièrement rédifice élevé par Volta et substituer à la place la théorie de Fabroni et autres. Au surplus, on verra dans les chapiires relatifs au dégagement de l’électricité, les motifs qui m’ont déterminé à ne pas me prononcer encore sur cette question.

M. i\uguste Delarive ( i) s’est constamment appliqué , depuis cette époque, à démontrer que l’action électromotrice n’existe pas; que le contact de deux substances hétérogènes ne peut, par lui-même, donner naissance à des effets électriques; que ceux-ci ne sont produits qu’autant qu’il y a action calorifique, mécani(|ue ou chimique. Je reviendrai bientôt sur les travaux de M. Delarive relatifs à la production de l’électricité voltaïque.

AIM. Avogadro et Michelotti (2) avaient annoncé que lorsque l’on plonge deux métaux difféients dans certains liquid(3s , il se produit des effets inverses de ceux que l’on obtient dans la théoide deVoita. Ces changements parurent à AI. Delarive inconciliables avec l’hypothèse de Volta, et ne contribuèrent pas peu à la lui faire abandonner. Je rendrai compte Incessamment des expériences qu’il fit pour appuyer sa manière de voir.

(1) Annales de Chimie et de Phys. , l, xxxvii, p. 225; t. xxxix, p.'297 ; Mémoire de la Soe. de Phys, et d’ilist. nat. de Genève,

t. IV, p. 285, et t. VI, p. 149-

(2) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xxii, p. 36 1.

234 découverte des PHÉNOM. THERMO 'ÉLECTR.

§ IV. Découverte des phénomènes thermo-électri- 'cs ; rjjets électriques de pression et de frotte-

que s

menti

Depuis que l’on s’occupe des phénomènes électriques, on attache une grande impoi'tance aux causes qui troublent 1 équilibré des deux principes électriques dans les corps, parce que ces causes peuvent donner quelques notions sur leur nature D’un autre côté, on a cherché, à diverses rrq^rises , à découvrir les rapports qui existent entre la chaleur et l’éiecti'icité , tant on était persuadé que l’une et l’autre avaient une origine commune ; mais toutes les expériences qu’on a faites à cet égard, quoique intéressantes, n’ont pas encore conduit à un rapprochement suffisant pour cimenter une alliance intime.

L’électro-magnétisme a permis cependant d’étendre les rapports qui existent entre ces deux agents généraux de la nature, en nous faisant connaître une nouvelle classe de pliénornenes électriques, produits par la chaleur dans un anneau formé de deux lames de métal différent, soudées bout à bout, et dans lequel les deux soudures n’ont pas la même température. La découverte de ce fait important est due à Seebeck, professeur de physique à Berlin; toutes les expériences qu’il a faites cà ce sujet ont été communiquées à l’Académie des Sciences de Berlin, dans les années 1821 et [822, et réunies dans un Mémoire imprimé dans le recueil de ceux de cette société.

Volta avait déjà observé qu’une lame d’argent, dont les deux bouts n’avaient pas la meme température, constituait un élément voltaïque; M. Dessaignes avait re-' connu egalement ce fait, plusieurs années après, en voyant les contractions se produire dans une grenouille dont les muscles et les nerfs étaient mis en communication, au moyen d’une cuiller d’argent, dans la cavité de laquelle on avait mis un charbon allumé. C’est tout

ce que nous savions sur Fin fluence de la chaleur dans les phénomènes électriques qui ont lieu au contact des métaux.

Les premières recherches de M. Seehcck furent faites avec un étrier foiané d’un barreau d’antimoine ou de bismuth, aux deux extrémités dnqiu'l 'était soudée par ses deux bouts une lame de cuivre l’ecourhée en demicercle. En élevant la température de l’une des soudures, tandis que l’autre restait constante, le courant allait dans le circuit antimoine - cuivi’e de la partie (‘haude à la partie froide, en suivant Fantimome; le contr'aire avait heu avec l’autre circuit. L’effet était d’autant plus maiTpié, que la différence de température était plus considérable; et le sens du courant changeait en portant le foyer de chaleur sous l’autre soudure. Il étudia la marche du courant avec une aiguille aimantée convenablement placée.

M. Seebeck reconnut qu’en formant des circuits semblables avec tous les métaux, l’état électrique de chacun d eux n’était pas le même que celui trouvé par Volta dans le contact.

Il observa aussi des courants de ce genre dans des barres de métal homogènes , d’une texture Ciéstalline, dont toutes les parties n’avaient pas la même température , et crut y trouver Fex])lication des courants e!ectri(|ues du globe terrestre , à l’infbu'nce desquels M. Ampère atiribue son action magnétique.

MM. AAdin, Marscli, C U m m i n g ( i ) , e n 1 8 3 , s’oc-

cupèrent egalement des mêmes phénomènes, auxcjuels

ils ajoutèrent de nouveaux développements. Le premier

s attacha j)articuhèrenîent a déterminer l’influence de la

nafui’e et de la forme des métaux homogènes sur Fin- • ... ^ '

tensité et la direction des courants électrupies. I^es deux

(i) ?é!)!. iiniv., t. XXIV, p. 2 53; t. xxv, p. io8; t. xxvii, p. 199, et t. xxxix, j). 2G8.

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