PROCEDE POUR GARANTIR LE CUIVRE
pour que l’on n’ait pas essayé de la résoudre. On a eu recours au doublage en bronze , qui commence à être employé dans notre marine. Les expériences qui ont été faites en France (i), en Angleterre, depuis plusieurs années, par M. Robert, sous-ingénieur de la marine, et par M. Brunei, viennent confirmer les avantages que présente cet alliage. Il semblerait que ces deux métaux conservent dans leur combmaîson , les propriétés électriques dont ils jouissent quand ils sont en contact. Au surplus, cette conséquence est conforme à la théorie, car ces propriétés devraient être les mêmes, si la force de cohésion, qui joue un grand rôle quand les molécules sont réunies, ne venait pas les masquer.
Une des recherches qui intéressent le plus la physique et la chimie, c’est celle qui est relative à l’état des atomes, avant et apres leurcomhinaison, et aux modifications qu’ils éprouvent de la part de la chaleur. L’action des particules les unes sur les autres et la permanence de leur union pendant la combinaison sont-elles dues uniquement à des actions électriques ou à des forces dont la nature nous est inconnue.^ est une question vitale pour la physique atomistique. Toutes les probabilités sont en faveur des forces électriques, mais les faits ne sont pas encore assez nombreux pour que l’on puisse adopter définitivement une théorie à cet égard. On ne peut faire encore que des conjectures plus ou moins hasardées. Passons en revue celles qui ont été faites dans le cours de cette période.
La théorie de M. Ampère était celle qui rendait le mieux compte de la permanence des combinaisons , mais elle avait besoin de nouvea ux développements , pour qu elle put# expliquer differents phénomènes chimiques 5 elle ne faisait pas mention, par exemple, de l’influence du nombre des atomes dans les combinaisons. M. Du-
(i) Annales maritimes. Avril i833.
mas a réparé cette omission; cet habile chimiste (i) part du principe que deux corps se constituent dans deux états électriques différents par leur contact mutuel et que le meme effet -doit se reproduire avec une grande énergie, à l’instant où deux molécules se superposent pour entrer en combinaison , parce (pi’il y a alors un contact plus immédiat. En même temps que ce mouvement électrlepie se produit, il y a un dégagenient de chaleur plus ou moins sensible. La théorie électro-chimique qui explique ces effets, ajoute-t-il, ne peut être adoptée qu’autant qu’elle nous dira comment il se fait que les molécules restent unies après. D’ un autre coté, l’électiécité est-elle la seule force qui intervienne dans ces phénomènes? On sait que l’attraction générale n’intervient ({ue d’une manière assez vague dans l’action des molécules les unes sui* les autres, tandis c[ue ces mêmes molécules n’éprouvent jamais de déplacement sans le concours de la chaleur, de la lumière, ou de l’électricité. Yoici maintenant son opinion sur l’origine électrique des phénomènes chimiques. Il part d’abord du principe, qui a été adopté par Davy et Berzelius, que la plupart du temps, quand deux électricités contraires se neutralisent, il y a dégagement de chaleur et de lumière; or, comme il arrive la même chose quand deux corps se combinent, surtout quand la combinaison est vive, on peut déjà suj)poser que dans ce cas-ci il y a des effets électriques semblables aux précédents. D’un autre coté, après avoir observé que des combinaisons étaient détruites sous l’influence des forces électriques, on a dêien conclurec|ne les deux sources d’électricité restituaient aux molécules l’électiieité qu’elles avaient perdue à l’instant où elles se sont combinées. Il examine ensuite les bases de la théorie de M. Ampère, et les trouve suffisantes pour rendre compte
(i) Traité de chimie appliquée aux arts, t. i, p. 55.
Si&À THÉORIE DE GROTTHUS, ETC.
des effets généraux relatifs à la permanence des combinaisons.
7^ près avoir analysé les pliénomènes de décomposition produits par ta pile, il discute tes objections que* Fon a faites à la théorie de M. x'^mpère, et dont nous avons déjà parlé. Il montre comment l’objection piâncipale tomberait devant l’hypotbése d’un seul fluide. Il fait une autre objection qui n’avait pu être résolue jusqu’ici; te chlore et l’oxigène sont négatifs par rapport au calcium, dit-il; de plus, relativement à ce corps, l’oxigène doit être plus négatif que le chlore, et cependant on sait que le chlore chasse roxigène de l’oxide de calcium. Les affinités ne rendent pas raison non plus de ce fait; mais il pense, et nous partageons son opinion, que l’on peut remonter à la cause de ces effets, en prenant en considération le nombre des molécules ou les quantités absolues d’éleetrieité qu’elles renferment. Il résulte de bà que, dans l’opinion de M. Dumas, les actions chimiques ne dépendent pas seulement des rapports électriques des molécules, mais encore du nombre de ees molécules et de leur position relative.
Il est porté à croire, comme le pense M. x^mpère, que Fatome acide est éminemment électro-négatif, et se débarrasse dans sa combinaison avec un atome de base de son atmosphère positive, de la même manière que l’atome île base abondoniie son atmosphère négative.
Aussitôt que Fon eu t décou vert les décomposition s chimiques par la pile, on irnagiiia des théories pour expliquer ce phénomène; parma celles qui parurent on distingua particulièrement celle deGrotthus, dont j’ai essayé de donner une idée précédemment. M. Dekrive, dans le cours de ses reehe Relies électro- chimiques, a iiepfis cette question dans un Mémoire (i) oii d a étu-
(i) AniraK dé Ch. eüdê Fliys; , xxiwsii,
die les oipconstances qui accompagnent et qui facilitent les décompositions chimiques. Il s’est attaché d’abord à démontrer que l’on ne peut admettre, comme Volta l’a avancé, que le liquide interposé entre les deux pôles d’une pile se partage en deux portions, qui. ont chacune un état électri(pje différent, et que les particules des coi’ps possédant des électricités opposées se séparent par l’effet des tensions électriques de ces deux portions, attendu» que l’on ne peut reconnaître aucune trace de tension appréciable dans une partie quelconque du liquide et que Femploi d’un liquide bon conducteur tend à augmenter la décomposition.
Abordant ensuite la théorie de Grotthus, il pense qu’elle’ ne doit pas être admise dans tous les cas, puisqu’elle ne peut expliquer, selon lui, la piopriété dont jouissent les courants de transporter, au travers de plusieurs substances, d’autres substances qui ont pour elles une grande affinité , sans que celles-ci* soient arrêtées. M: Delarive suppose qu’à l’instant ou la pile fonctionne, il s’établit deux courants; que celui quà sort du pôle positif s empare immédiatement de l’hydrogène et des hases pour lesquelles il a une grande affinité, et qu’il les dépose en entrant dans la lame négative,, qui ne. peut leur livrer passage; le courant négatif produit um effet semblable sur l’oxigène et les acides à l’autre pôle. Chaque courant rencontre-t-il sur sa route une substance qui a plus d’affinité pour celle qu’il transporte que le courant pour celle-ci , il l’abandonne et ili se forme un composé. Quand les courants rencontrent sur leur route un conducteur métallique interposé dans le liquide ^ comme ils ne peuvent le traverser avec leur charge, ils l’abandonnent avant d’entrer dans le métah M. Delà rive a expliqué par ce moyen comment l’intensité absolue des courants exerce une grande» influence sur leur faculté à séparer et à transporter Les éléments.
Ce même physicien en s’occupant des effets çalorir
îî64 DES PHÉÎVOM. QUE PRESENTE l’ÉLECTRICITÉ.
fîques de la pile (j) a démontré, comme Davy l’avait déjà fait, mais avec plus de développements, que la chaleur se manifeste toujours dans un conducteur quelconque, métallique, liquide ou mixte, là où le courant éprouvé le plus de résistance, c’est-à-dire au passage d’un conducteur dans un autre, et que l’on peut ob- ' tenir de grands effets de chaleur en multipliant les résistances. Il est parvenu, par ce moyen, en introduisant dans un liquide un grand nombre de compartiments en baudruche, à l’échauffer jusqu’à le mettre en ébullition, tandis que la température ne s’élève que de quelques deg rés quand le courant est continu; c’est pour le même motif que, dans les conducteurs formés de plusieurs métaux, la température est la plus élevée aux points de jonction.
§ VIL Des phé nomènes que présente l'électricité dans son passage à travers les corps.
Lorsque le fluide électrique traverse un corps conducteur, il agit comme force chimique et comme force mécanique; les phénomènes qui en résultent sont de la plus haute importance pour la théorie électro-chimique. C’est ce motif qui a engagé les physiciens à reprendre de nouveau la question de la conductibilité électrique que Priestley et Davy avaient déjà traitée. En examinant le procédé que ce dernier physicien avait employé, je vis sur-le-champ ce' qu’il avait de défectueux et le remplaçai par un autre qui ne présente plus les mêmes inconvénients (2), puisque j’évitai les variations continuelles qui surviennent dans l’action de la pile et dont Davy n’avait pas tenu compte. L’appareil dont j’ai fait usage est un multiplicateur à deux fils parfaitement égaux et enroulés de la même manière; il en résulte que, lorsqu’ils sont
^ (i) Bibl. univ., t. xl, p. 40. Annal, de Ch. et de Phys., t. xl,
(2) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxii, p. 420.
traversés chacun par un courant d’égale intensité, mais dirigé en sens contraire, l’aiguille aimantée n’éprouve aucune déviation; mais pour peu que l’im des courants soit plus fort que l’autre , l’aiguille se meut, et le sens de la déviation indique aussitôt lequel des deux courants l’emporte sur l’autre. Maintenant si l’on fait communiquer chacun des pôles d’une pile avec deux bouts de ces fils, de manière à avoir deux courants égaux et dirigés en sens inverse, rien ne sera plus facile, en interrompant les fils et en en substituant d’autres dans l’intérieur, de comparer le pouvoir conducteur de ces derniers. En opérant ainsi, j’ai reconnu, comme Davy l’avait trouvé, que la conductibilité électrique est en raison inverse de sa longueur et directement proportionnelle à sa masse. J’ai pu déterminer aussi le pouvoir conducteur de chaque métal, en comparant ensemble deux fils de métal différent, de longueur et de grosseur inégales.
Voici les pouvoirs conducteurs des métaux trouvés par Davy, en supposant que la faculté du platine soit représentée par loo :
Argent. . . . 600 Etain 109
Cuivre.....' 55o Platine. ... 100
Or Fer 82
Plomb 38o
Les pouvoirs que j’ai déterminés, en i*eprésentant •également celui du platine par 100, sont :
Cuivre. . . 609
Or 571
Argent. . . 447 Zinc. .... 174
Etain ....
Platine. . .
Fer
Plomb
Mercure. . 2 i Potassium. 8
M. Pouillet a cru devoir ne pas adopter ces nombres ainsi que ceux Me M. Davy; il a même nié l’exactitude de la loi de la conductibilité en raison inverse de la longueur. Je ne dis pas quelle soit exacte pour toutes les