ETAT DU GLOBE A SA FÔBMATIOJV
ments de cratères et d’èrnptlons abondantes de laves.
On conçoit parfaltcincnt que toutes ces réactions se renouvelant souvent , la croûte du globe acquérait plus d’épaisseur, et laissait passer plus diûicilernenl les liquides. Les soulèvements et les éruptions de laves sont devenus moins frétjuents; la température de l’atinospbère étant très-diminuée, et la surface du globe moins exposée à éîi’e bouleversée, les corps organisés ont commencé à paraître. Comment s’est effectué le passage de la nature inorganique à la nature organique? c’est là le mystère de la création (jue 1 bomme n’a pu pénétrer. Ce que l’on peut faire de mieux pour l’instant , est de tâcher de saisir l’épocjue oii il a eu lieu, dans l’espoir de découvrir quel([ues-unes.des causes qui ont concouru à ce grand acte de la création. Les molécules des corps inorganiques sont composées d’éléments dont quelquesuns se trouvent dans celles des corps organi(|ues; mais la différence essentielle qui paraît exister dans leur constitution,c’est que les premières sont terminées par des surfaces planes, comme les polyèdres de la géométrie, taiidis cjue les autres, qu’on appelle globules, sont sensiblemeiit sphériques. L’étude des forces qui ont présidé et président encore à de semblables aia-angements, ne peut manquer d’intéresser vivement toutes les personnes qui aiment et cultivent la philosophie naturelle; cette étude rentre en partie dans le tiomaine de i’électro-cbimie , vodà pourquoi j’en fliis mention ici. ‘
L’étude des fossiles nous apprend que la vie végétale a commencé par les monocolylédones , à une époque oii l’atmosphère renfermait très-probablement plus d’acide carbonique que niaintenant. Ces végétaux avaient des dimensions colossales, à en juger par leurs débris que nous retrouvons dans plusieurs formations. Quant à la vie animale, on pensait jadis qu’elle avait commencé après la vie végétale; mais aujourd’hui on est porté à croire qu’elle est contemporaine, sans que l’on puisse cependant remonter à son origine, car les premiers êtres que l’on a observés sont déjà des ani-
maux assez parfaits. On trouve parmi eux des céphalopodes.
La formation des grandes masses de calcaire qui renferment des coquilles, tend à confirmer la conjecture que facide carbonique se trouvait alors dans î’atmosplière en plus grande proportion que maintenant; aussi a-t-on supposé qui! a été absorbé lentement par la chaux qui se trouvait alors en abondance sur la surface de la terre, et par différentes bases qui font partie maintenant d’autres combinaisons. Lne objection se présente ici : comment tous ces mollusques dont on trouve les dépouilles dans les calcaires, ont-ils pu vivre dans une eau chargée de chaux ou d’autres bases? c’est une question que nous aurons l’occasion d’examiner en parlant de la formation des calcaires. Nous lâcherons ensuite de fixer à peu près 1 époque probable où l’acide carbonique a commencé à former des combinaisons.
Lorsque l’air fut devenu plus pur, et l’eau moins acidulée , les animaux parurent; d’abord les invertébrés, c’est-à-dire ceux dont la constitution est la plus simple, et successivement les espèces les plus composées. On commence effectivement par rencontrer des débris de mollusques et de zoophytes dans les dernières formations des terrains de transition; viennent ensuite les poissons, les reptiles , les oiseaux , et les mammifères. Ce n’est donc qu’à l’époque de la formation des terrains intermédiaires que la vie animale a commencé à s’établir sur le globe. Elle a lutté long-temps avec la nature inerte, mais elle a fini ensuite par prendre le dessus. Cette marche de la vie s’est faite graduellement, dans les temps de calme qui succédaient aux révolutions subites qui bouleversaient de temps à autre la surface du globe.
Enfin ces révolutions étant devenues plus rares, et la terre ayant acquis plus de stabilité, rhomme fut créé; c’est le dernier ouvrage de la nature , car l’on n’a trouvé jusqu’ici aucun osseinent fossile humain dans les I. 28