CHAPITRE II
l’intérieur de ces spirales en y passant une petite lime ronde, à l’usage des horlogers, que l’on roule à plusieurs reprises pour décaper les surfaces. On pourrait, à la vérité, se passer de l’appareil à température constante, en opérant encore avec deux aiguilles communiquant ensemble et en relation avec le multiplicateur, et plaçant les soudures dans deux parties du corps animal, dont la température de l’une d’elles seulement est connue; mais les effets électro-chimiques qui en résultent troublent tellement les résultats que les personnes qui ne sont pas habituées à les distinguer des effets thermo-électriques peuvent être induites en erreur.
On évite, en grande partie, cet inconvénient en recouvrant la surface de l une des aiguilles de plusieurs couches de vernis à la gomme laque, que l’on renouvelle de temps à autre, quand le frottement les en a enlevées. Cet enduit excite un peu de douleur, lors de l’introduction des aiguilles. On peut encore éviter les effets électrochimiques en maintenant une des soudures dans la bouche d’une personne dont on a déterminé préalablement la température, tandis que l’autre est portée successivement dans tous les milieux que l’on veut explorer ; mais cette température n’étant presque jamais parfaitement constante, on ne doit l’employer qu’avec la plus grande réserve.
Nous ferons remarquer que l’on doit toujours avoir l’attention de ne jamais diminuer la longueur des fils qui servent, à attacher les aiguilles, attendu que, si on la fait varier , des déviations égales ne correspondent plus à des courants égaux en intensité.
64^. Le système d’aiguilles soudées par un de leurs bouts dans le sens de leur longueur, exige que l’on perfore de part en part les parties animales, afin de rendre libres les deux bouts qui doivent être mis en communication avec le multiplicateur; mais il est des cas ou cette perforation n’est pas possible, lorsqu’il s’agit par exemple de déterminer la température de l’œsophage, de l’estomac, du tube intestinal; dans ce cas, il faut avoir
DESCRIPTION DES APPAREILS
recours à d’autres aiguilles, qui ont la forme des sondes dont on fait usage en chirurgie (fig. 5), lesquelles aiguilles sont formées chacune de deux parties longitudinales, l’une en cuivre et l’autre en acier, terminées l’une et l’autre en pointe ou légèrement arrondies et soudées sur une étendue d’une ligne seulement, à la pointe même; tous les autres points sont séparés par une membrane isolante et résistante, telle que celle qui recouvre le dos d’une plume. Cette membrane adhère aux métaux à l’aide d’un mastic élastique, que l’on remplace de temps à autre; les deux extrémités libres de l’aiguille sont mises en communication comme à l’ordinaire avec le multiplicateur. Bien entendu que la forme de la sonde varie suivant la cavité dans laquelle elle doit être introduite. On a toujours à craindre, à la vérité, avec ces sondes, que la membrane ne se déchire quelque part et que les deux parties de l’aiguille ne communiquent en d’autres points qu’à la soudure. Pour s’assurer s’il y a ou non des contacts partiels, on plonge la pointe de l’aiguille dans une masse d’eau, dont toutes les parties ont sensiblement la même température. On observe alors la déviation de l’aiguille aimantée, puis on continue à enfoncer l’aiguille de plusieurs centimètres dans le liquide; si la déviation ne change pas, on est assuré alors que les deux métaux ne se touchent qu’à leur extrémité ; s’il en était autrement la déviation changerait.
Nous ferons remarquer que toutes les fois que l’on change les aiguilles, il faut s’assurer qu’elles ont toutes été construites avec des métaux provenant du même morceau, car la moindre hétérogénéité modifierait les effets thermo-électriques.
Nous avons déjà dit que l’aiguille introduite dans une partie quelconque du corps n’accuse la température propre à cette partie qu’autant que la déperdition de la chaleur le long de la sonde est réparée immédiatement ; condition qui est remplie toutes les fois qu’elle est d’un petit diamètre; mais il est nécessaire encore d’examiner jusqu’à quel point l’introduction d’un corps