CHAPITRE iî
déterminer la contraction, mais appréciable au multiplicateur. Cette expérience prouve aussi qu’un courant électro-chimique doit avoir une certaine énergie pour produire le phénomène.
918. Il semblerait résulter des expériences précédentes, que le multiplicateur serait un meilleur indicateur des courants que la grenouille; mais il n’en est pas toujours ainsi, comme on va le voir.
Les courants continus sont partagés, comme on sait, en deux classes; courants hydro-électriques, courants thermo-électriques. Les premiers peuvent être produits de deux manières, soit avec des conducteurs humides seulement, soit avec deux conducteurs humides et un métal. Servons-nous successivement de chacun de ces courants pour comparer le multiplicateur et la grenouille. Voici les résultats qu’on en déduit :
Comparaison avec les courants hydro-électriques
de 1 r<' classe.
M. Nohili a placé la grenouille de manière que les pattes trempaient dans une tasse remplie d’eau et le tronc dans une autre remplie de même liquide; puis il a fermé le circuit avec un petit cordon de coton , humecté de ce liquide. Dans ce circuit il n’entrait aucune substance métalli que. Quand la grenouille est fraîchement préparée , les contractions ne manquent presque jamais à l’instant ou l’on forme le circuit. L’effet est dû évidemment à la seule combinaison des conducteurs humides. En introduisant un multiplicateur dans le circuit, M. Nobili obtenait une déviation de plusieurs degrés, comme on l’a vu plus haut; mais en augmentant le volume de l’eau, l’aiguille aimantée restait stationnaire.
Comparaison avec les courants hydro- électrique s
de 2 e classe .
Il attendit qu’une grenouille ne donnât plus signe de
^38 DE LA SENSlir ELEC. DE LA GRENOUILLE, ETC.
mouvement sous l’action (le son propre courant, d introduisit ensuite dans le circuit un élément voltaïque suffisamment affaibli pour ne plus agir sur le multiplicateur. La grenouille se contracta, sinon toujours, du moins souvent, toutes les fois que le courant allait des pieds à la tête. On voit par là que la supériorité que la grenouille possède dans le cas des courants hydro-électriques de deuxième classe , se soutient dans ceux de première classe.
Troisième comparaison. Courants ther rho-electriques .
Les courants thermo-électriques sont très-sensibles au multiplicateur, tant qu’ils parcourent un circuit tout métallique; mais aussitôt qu’on les fait traverser des conducteurs humides, ils sont à peine sensibles et même finissent par disparaître si l’on augmente l’étendue du liquide, comme on peut s’en assurer avec le fil du multiplicateur, dans lequel la continuité de Tune des parties est interrompue par un liquide. Supposons que l’intervalle liquide soit assez étendu pour qu’il n’y ait pas d’action sur l’aiguille aimantée, quand on chauffe l’un des bouts du fil. Si dans le même circuit on place une grenouille convenablement préparée, et que l’on mette en contact l’extrémité froide du fil de cuivre du multiplicateur avec l’extrémité chaude, la grenouille se contractera vivement, et l’aiguille du multiplicateur restera stationnaire. On voit donc, dans ce cas, que la grenouille est un indicateur plus délicat que le multiplicateur. D’après cela , s’il est question de courants qui peuvent, comme les courants thermo-électriques, se maintenir dans des circuits métalliques, alors le multiplicateur a l’avantage sur la grenouille; mais aussitôt que l’on fait entrer dans le circuit thermo-électrique un conducteur liquide, la grenouille se trouve de nouveau être plus sensible que le multiplicateur.
919. Dans les expériences de contraction ou nous avons opéré avec un seul arc métallique, les résultats