‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 157 sur 216 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

n’étaient pas comparables, puisque nous n’avons pas toujours opéré dans les memes circonstances. Ces résultats, effectivement, devaient varier suivant que les' surfaces métalliques étaient plus ou moins décapées et les parties animales plus ou moins humectées. C’est la un inconvénient très-grave clans la discussion d’une question qui intéresse au plus haut degré la physiologie. Pour y parer, nous avons imaginé un mode d’expérimentation, dont nous allons donner la description, qui permet d’agir avec un courant d’une intensité constante, passant par des surfaces métalliques de contact toujours égales et homogènes.

il faut employer à cet effet l’appareil à courant constant, qui se compose de deux petits bocaux en verre, contenant l’un de l’acide nitrique concentré, l’autre une solution de potasse également concentrée; ces deux petits bocaux communiquent avec un tube recourbé, rempli d’argile humide. Dans chacun des liquides plonge une lame de platine; à chacune d’elles est fixé un fil de même métal, destiné à transmettre le courant électrique qui résulte de la réaction lente de l’acide et de l’alcali sur l’eau qui humecte l’argile. À l’extrémité libre de chaque hl on fixe une lame de platine, destinée à être placée sur la partie animale que l’on veut soumettre à Faction de l’électricité. Cette partie est recouverte d’une petite feuille d’or battu , qui s’applique exactement dessus, avantage que l’on n’a pas en employant pour armatures des lames de métal ne possédant pas autant de flexibilité. Avant de commencer une série d’expériences, il faut avoir l’attention de s’assurer si réellement les feuilles d’or sont parfaitement identiques, c’est-à-dire, si en mettant en communication les armatures des muscles et des nerfs de la grenouille avec un fd d’or ou de platine, 011 11’a aucune contraction. Les précautions que nous venons d’indiquer servent à faire disparaître une grande partie des anomalies que l’on observe fréquemment dans les phénomènes de contraction au moyen de l’électricité, puisqu’il y a homogénéité dans la nature et l’étendue des

24o DE LA sensib. élec. de la grenouille, etc.

armatures métalliques , ainsi que dans l’intensité du courant.

On néglige aussi souvent d’écarter une cause d’erreur qui influe singulièrement sur les résullats : lorsque l’on pose, par exemple, une grenouille préparée sur une lame de verre, et que les muscles et les nerfs sont armés, une portion de la décharge passe par la couche humide qui adhère au verre. On évite cet inconvénient en suspendant l’animal parla colonne vertébrale; les muscles et les nerfs ne communiquent alors ensemble que par l’intermédiaire de l’air, qui est trop mauvais conducteur pour exercer une influence.

99.0. Nous devons signaler encore une autre précaution, qui a été indiquée par M. Person , quand on se sert d’armatures de cuivre et de zinc. Ce jeune physicien a observé que la contraction est plus forte en ne touchant le zinc qu’en dernier lieu. Il est facile de se rendre compte de cet effet. En touchant d’abord le zinc, qui est meilleur conducteur que le liquide, on permet a une portion de l’électricité dégagée dans la réaction du liquide sur ce métal de s’écouler dans le sol; ce qui diminue d’autant la quantité qui doit entrer dans le circuit.

Pour faire disparaître les différences dépendantes de l’ordre des contacts, il faut tenir l’arc métallique avec un manche isolant.

991. Dans les expériences précédentes, nous avons fait passer le courant à travers le nerf, afin de l’irriter et de produire les contractions; mais, si on le fait passer seulement dans le muscle, à peine observe-t-on des mouvements fibrillaires, dus très-probablement à l’irritation produite par l’électricité sur les fdets nerveux. Il suffit pour cela de poser le zinc sur les muscles de l’extrémité de la cuisse, et le cuivre sur les pattes. On voit donc qu’il faut réellement affecter le nerf pour produire la contraction.

Cependant, quand le courant est intense, il peut y avoir une convulsion générale, si les filets nerveux en-

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