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une bandelette de plomb en communication avec l’autre pôle. Les jambes anterieures et le ventre de la grenouille sont placés sur une lame de verre, et leurs extrémités postérieures soulevées avec la main revêtue d’une enveloppe isolante. La grenouille étant parfaitement tranquille, on commence l’expérience. Quand le courant suit le nerf dans la direction de ses ramifications, la grenouille agite les extrémités inférieures, à l’instant que le circuit est fermé; elle pousse, au contraire, un cri prolongé quand on l’interrompt, et se soulève en même temps, avec des contorsions, sur les membres inférieurs, sans que l’on voie le moindre mouvement dans les extrémités inférieures. En changeant la direction du courant, les effets sont inverses. Cette expérience, vraiment remarquable, dont nous avons constaté nous-même à plusieurs reprises l’exactitude, peut être faite également avec l’appareil à courant constant, quand l’animal a beaucoup de vitalité.
En général, pour réussir complètement et surtout ne pas faire contracter l’animal avec le courant inverse, à l’instant où l’on ferme le circuit, il faut employer un appareil composé de quelques éléments seulement; car si le courant a de l’énergie , il surmonte les obstacles qui s’opposaient à la manifestation des contractions; c’est ce que M. Person a prouvé de la manière suivante : une grenouille ayant été fixée sur une planche de liège, il isola le nerf sciatique d’un coté et coupa la cuisse près du bassin , de manière que la patte n’était unie au corps que par le nerf; puis il établit un courant direct ou inverse à travers le nerf, à l’aide d’un appareil plus fort que celui dont on se sert dans les expériences galvaniques ordinaires. Dans les deux cas la patte s’est contractée, etc.
La propriété que nous venons de signaler a de l’analogie avec le fait déjà indiqué, savoir que, lorsqu’on pratique une section dans un nerf, si l’on excite la partie située au-dessus de la section, les contractions muscu-
a5o ANAL. DES LF F. PROD. QUAND ON FERMA , ETC.
laires ne se manifestent pas dans les membres supérieurs , c’est-à-dire, que la cause qui [es détermine ne remonte pas, tandis que la sensation qui résulte de l’excitation se dirige vers le cerveau. Si l’irritation est portée au-dessous il y a contraction et point de douleur. On conçoit, dans ce cas, pourquoi les contractions ne se manifestent que dans les membres inférieurs. Ces membres, ne s’agitent que parce que le nerf qui est excité transmet aux rameaux nerveux les plus éloignés l’action qu’il a reçue, effet qui n’a pas lieu pour les membres supérieurs, qui ne se trouvent plus dans les mêmes conditions que les autres. Quant à la douleur qui est produite dans le premier cas, nous chercherons à en donner l’explication, en exposant la théorie des contractions.
93 1. Les effets physiologiques que nous avons exposés jusqu’ici tendent tous à prouver que le nerf est organisé de manière à propager certains mouvements dans le sens de ses ramifications; mouvements qu’il ne transmet que difficilement dans le sens opposé, d’ou résulte alors un sentiment de douleur. Les effets produits sur le nerf, dans cette circonstance, ont de l’analogie avec ceux qu’éprouvent certains animaux , lorsqu’on les frotte dans le sens des poils ou à rebrousse poil. Autant ils paraissent se complaire dans le premier mode de friction , autant ils s’irritent et paraissent souffrir dans le second. Cette comparaison, quoique vulgaire, exprime assez bien les effets produits dans le nerf par le courant selon sa direction.
932. Dans les expériences relatives aux effets qui ont lieu suivant le sens du courant, nous n’avons nullement tenu compte de l’état d’excitabilité de la grenouille, qui influe singulièrement sur les effets. Pour parera cet inconvénient , on peut suivre la méthode d’expérimentation qui a été adoptée par M. Nobili, laquelle consiste à ramener tous les effets à cinq conditions différentes, qui exigent à chaque instant quatre observations, et à opérer sur une grenouille préparée à la manière de Galvani, avec