CHAPITRE lf
rompt le circuit; au surplus, il a pu voir déjà que nous leur donnons une autre origine.
Voyons maintenant quels sont les effets physiologiques qui ont lieu lorsque le courant chemine dans une direction ou dans une autre.
Si l'on adapte, d’après Grapen Giesser , aux deux conduits auditifs de l’oreille les deux conducteurs d’une batterie, le conducteur positif excite un fort ébranlement avec bourdonnement dans l’organe auquel il correspond; tandis que l’autre occasionne une douleur pongitive. Si l’on place le conducteur positif sur la membrane de l’une des narines, et le conducteur négatif dans l’une des mains mouillées, on éprouve dans le nez une douleur incisive insupportable et une forte envie d’éternuer. En opérant d’une manière inverse, on ressent une douleur pungitive. Enfin le conducteur positif excite aussi sur les organes de la vue et du goût des irritations bien plus fortes que le conducteur négatif. Ces effets sont produits non-seulement à l’instant ou l’on forme le circuit, mais encos'e pendant la durée de faction voltaïque. En rompant le circuit les effets sont inverses.
Ritterafait des observations qui confirment les précédentes. L’électricité du pôle positif, suivant lui , augmente les forces vitales, tandis que celle du pôle négatif les diminue; le premier tuméfie les parties, le second les déprime. Le pouls de la main tenu quelques minutes en contact avec le pôle positif est fortifié, tandis qu’il est affaibli s’il est en contact avec le pôle négatif. Dans le premier cas, suivant cet ingénieux physicien, on éprouve une sensation de chaleur, et dans le second un froid. Enfin, pour montrer la différence qui existe entre le. mode d’action de chaque pile, nous dirons qu’il a observé, ou du moins qu’il a avancé, que les objets paraissent plus grands, plus brillants et rouges à un œil électrisé positivement qu’à l’œil électrisé négativement, qui voit ces objets plus petits, moins distincts et bleuâtres.
M.Marianini a précisé bien mieux que ne l’avaient fait ses devanciers, la différence qui résulte dans les effets
'a!\S analy. des eff. prod. qua.nd on ferme, etc.
produits selon que le courant chemine dans le sens des ramifications nerveuses ou dans la direction opposée. L’expérience qu’il a faite à ce sujet est d’une telle importance pour la physiologie que nous allons la décrire avec tous les détails convenables.
g3o. On prend une grenouille préparée de manière que les membres inférieurs, unis ensemble, ne soient attachés au corps que par les nerfs cruraux mis à nu ; l’animal n’est ni écorché, ni décapité, et les viscères restent intacts. Les membres inférieurs sont placés dans une tasse remplie d’eau, ou aboutit le pôle négatif d’une pile composée de quelques éléments seulement, et les jambes de devant dans un liquide communiquant avec le pôle positif; de telle sorte que la tète et la poitrine de la grenouille sont appuyées sur le bord des deux vases. En fermant le circuit, les membres inférieurs de la grenouille se contractent, sans donner aucun signe de souffrance, quoiqu’elle reste soumise à l’action du courant pendant 20 minutes. Si l’on dirige le courant d’une manière inverse, elle s’agite, mais moins que la première fois, respire péniblement, se gonfle beaucoup, et même se met quelquefois à croasser; elle donne enfin tous les signes qui annoncent la douleur et la souffrance. La communication étant interrompue, elle se contracte, puis redevient tranquille , effet qui est dû évidemment à Faction d’un courant dirigé cette fois dans le sens des nerfs. Cette expérience intéressante peut être faite encore de la manière suivante : on prend une grenouille femelle très-vigoureuse , on l’étend, le dos appuyé sur une règle de bois, à laquelle on assujettit avec des liens séparés les quatre jambes, de manière à ne pas gêner sa respiration. On la prépare de manière que les membres postérieurs ne soient attachés seulement au corps que par les deux nerfs cruraux. Quand l’opération est terminée, la grenouille est détachée, la jambe droite antérieure liée avec une lame de plomb communiquant à l'un des pôles d’une pile; les deux jambes de derrière, unies ensemble, sont liées avec