CHAPITRE II
courant, 20 état d’altération inverse produit par la circulation du courant direct, 3° état d’altération inverse résultant de la circulation du courant inverse.
g33. Tout ce que nous venons de dire sur les effets des alternatives, et sur ceux qui sont produits quand on ouvre et l’on ferme le circuit, montre combien l’étude des contractions produites au moyen de l’électricité, peut rendre de services à la physiologie, puisqu’elle nous révèle, dans les nerfs, un mode de constitution organique , qu’il aurait été bien difficile d’apercevoir sans l’emploi des forces électriques.
Avant de présenter une théorie des contractions , nous sommes obligé de faire connaître encore d’autres faits qui vont jeter quelque lumière sur cet important phénomène.
§ VII. Des contractions tétaniques.
g3 l\. M. Nobili, en opérant sur des grenouilles préparées à la manière de Galvani, en a reconnu quelquesunes dont les membres se roidissaient au point de se plier avec peine; c’est principalement sur les individus vigoureux qu’il obtenait ce tétanos; d’autres individus, au contraire, laissaient tomber leurs membres dans un état de relâchement et de souplesse absolus. Dans l’un et l’autre cas, les grenouilles se contractaient sous l’influence électrique : dans le premier cas, les mouvements étaient plutôt des contorsions que des contractions; dans le second, ce n’étaient que des contractions proprement dites. Il arrivait quelquefois que l’animal étendait ses membres et les roidissait, comme s’il allait éprouver une convulsion tétanique. Ces convulsions duraient longtemps, tandis que les contractions ordinaires cessaient immédiatement; cependant, il était possible de rendre ces dernières permanentes, de manière à produire le tétanos naturel. M. Nobili y est parvenu, en interrompant et rétablissant le circuit assez rapidement pour que la contraction, qui provenait d’un contact donné, ne s’évanouît
a54 DES CONTRACTIONS TÉTANIQUES.
pas avant la production de celle qui était due au contact suivant. Quand on multiplie ainsi les contractions de la grenouille pour produire le tétanos , le nerf change continuellement d’état; il passe d’une manière brusque de sa disposition naturelle a une disposition altérée, et réciproquement. Il pourrait donc se faire que le tétanos naturel dépendît d’une cause semblable.
En étudiant une grenouille dans un état tétanique, M. Nobili a trouvé qu’elle persistait dans cet état, sous faction d’un certain courant, et qu’elle détendait complètement ses membres sous l’action d’un courant contraire. Cet effet, qui est peut-être le résultat d’une surexcitation , ne se produit pas sur toutes les grenouilles frappées de tétanos; il paraît donc qu’il n’y a que celles qui se trouvent dans un état pathologique particulier qui présentent le phénomène d’une manière sensible.