‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 167 sur 216 · DES POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

DES POISSONS ÉLECTRIQUES

§ Ier. Phénomènes généraux.

g35. Si Ton découvre un jour que le fluide électrique intervient dans les phénomènes de la vie , ce sera en étudiant la propriété singulière que possèdent certains poissons, de donner, quand on les touche avec la main, une commotion semblable à celle de la bouteille de Leyde, et en méditant sur les conséquences que Ton peut en tirer pour la physiologie en général.

On distingue trois espèces de poissons, le gymnote, la torpille et le silure, qui jouissent de la propriété de donner une commotion, quand on les touche dans certaines parties, en les irritant. L'analogie est telle entre les effets de la commotion et ceux de la décharge de la bouteille de Leyde, que Ton 11e dut pas se méprendre ï sur la cause des deux phénomènes, dès l’instant que l’électricité eut commencé à fixer l’attention des philo- : sophes.

936. Nous avons rapporté, dans le ier volume, la pêche 1 des gymnotes, nous n’y reviendrons pas; nous rappellerons seulement que, lorsqu’ils ont été effrayés par 1 le trépignement des chevaux, ils s’approchent timider ment du bord des marais, où on les prend au moyen de petits harpons attachés à de longues cordes. Lorsque \ ces cordes sont bien sèches , on peut soulever le puissçm

dans l’air sans éprouver de commotion. Si deux personnes soutiennent le gymnote avec la main droite, et qu’au lieu de donner la main gauche elles enfoncent chacune un stylet métallique dans une goutte d’eau placée sur un corps isolant, l’action n’est pas interceptée, tandis qu’elle l’est en substituant à l’eau une goutte d’alcool ou d’huile, qui ne conduit pas l’électricité. Ces faits nous prouvent que l’action qui détermine la commotion n’est pas transmise par les corps mauvais conducteurs de l’électricité.

Nous venons de voir que la commotion n’est pas transmise quand on touche l’animal avec un corps non conducteur de l’électricité : mais ce fait n’est pas le seul qui vienne à l’appui de l’origine électrique que l’on attribue aux phénomènes; il en existe bien d’autres, que nous allons faire connaître successivement.

Quand deux personnes, isolées ou non isolées , se donnent la main, et que l’une d’elles seulement touche le poisson, elles éprouvent l’une et l’autre la commotion ; il arrive cependant quelquefois que les coups les plus vigoureux sont particulièrement ressentis par la personne qui entre en contact immédiat avec le poisson. M. de Humboldt n’a jamais pu apercevoir aucun phénomène d’attraction ou de répulsion électrique ni de lumière électrique, quoique Walsh, ingenhouze et M. Faklberg, à Stockholm, aient aperçu une étincelle en plaçant le gymnote dans l’air, et interrompant la chaîne conductrice au moyen de lames d’or très-minces collées sur du verre, et éloignées d’une ligne. Il est digne de remarque que M. de Humboldt, qui a opéré sur des gymnotes dont les effets étaient des plus violents, n’ait pas aperçu de phénomènes lumineux au milieu d’une nuit obscure. M. Faklberg n’a pu observer aucune action à distance.

Nous ferons remarquer que la température des eaux dans lesquelles vivent les gymnotes est ordinairement de 26 à 27 degrés, et que l’on assure que la faculté qu’ils possèdent de donner la commotion diminue

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