CHAPITRE III
eonvolutions puisse réagir avec efficacité sur les aiguilles. On peut, à la vérité, éviter une grande partie des inconvénients que présente le multiplicateur ordinaire , en faisant passer préalablement la décharge dans uh- vase rempli ci’eau distillée. Nous reviendrons bientôt sur cette addition à faire à l’appareil.
Les deux extrémités du fil du multiplicateur étant terminées par deux fortes lames de platine, peut-on appliquer chacune d’elles sur deux parties quelconques de la torpille, sans craindre que les effets produits, dans cette circonstance, sur l’aiguille aimantée soient dus à une autre cause qu’à la décharge? Non, car M. Donné a prouvé que, lorsque l’on place une des lames de platine dans la bouche et l’autre sur la poitrine de i’homme , on a un courant, qui est dû à la réaction l’un sur l’autre, par l’intermédiaire des parties humides environnantes, des deux liquides différents en contact avec les lames. L’effet se montre quelque temps encore après la mort; on le constate également sur tous les animaux, même dans les poissons, toutes les fois que les lames plongent dans deux régions renfermant des liquides différents. Il est donc impossible, si l’on veut observer un courant électrique résultant d’une décharge instantanée, d’employer des lames de platine, un multiplicateur ordinaire, et même le multiplicateur préparé, avant d’avoir écarté les courants électro-chimiques. Or ces derniers, et les courants provenant des décharges instantanées, jouissent de propriétés bien distinctes : les uns ne passent pas dans l’eau distillée, tandis que les autres la traversent sans la moindre difficulté. Si donc on veut séparer ces deux courants, il suffit de placer, dans le circuit du multiplicateur, un tube de verre recourbé en U, dans lequel on met de l’eau distillée. Le courant que l’on obtient alors ne provient que de la décharge instantanée.
gZp. M. John Davy, auquel nous devons un travail intéressant sur la torpille, ne s’est pas mis en garde contre la cause d’erreur que nous venons de signaler,