CHAPITRE III
d’argent très-fins, en communication avec les fils de contact. Les premiers avaient été enduits de gomme laque tout le long de leur trajet dans le liquide, excepté à leurs extrémités, suivant la méthode de Wollaston, pour opérer la décomposition au moyen des décharges instantanées. Les contacts furent faits comme à l’ordinaire : de petites huiles d’air se rassemblèrent autour de l’extrémité qui communiquait avec le fil inférieur, et il ne vit rien à l’autre extrémité. Après un intervalle de quelques heures, il substitua de petits fils d’or à ceux d’argent : cette fois, il y eut du gaz de développé à chaque extrémité. Avec du nitrate d’argent et des fils d’or, les effets de décomposition furent plus distincts. L’extrémité du fil inférieur devint noire, il ne s’en éleva que deux ou trois bulles d’air, tandis que l’extrémité du fil supérieur resta brillante et fut entourée de plusieurs bulles de gaz.
M. John Davy conclut de ses expériences, conformément à l’opinion de Walsb, qui avait annoncé le fait sans le prouver (i), que les deux faces de la torpille étaient aptes à donner les deux électricités; que la surface inférieure correspondait à l’extrémité zinc d’une batterie, et la surface supérieure à l’extrémité cuivre.
Suivant d’autres expériences qui nous sont propres et que nous rapporterons plus loin , c’est le contraire qui a lieu.
944. Le lecteur a pu voir, d’après l’exposé que nous venons de lui présenter des expériences de M. John Davy, que cet habile chimiste a négligé les effets électro-chimiques produits quand deux lames de platine, fixées aux deux bouts du fil du multiplicateur, sont mises en contact avec deux parties humides quelconques d un animal mort ou vivant, effets qui Sont encore plus marqués quand on emploie, comme il l’a fait, des lames de cuivre qui ne sont jamais attaquées également par le
(î) Transact. philos., vol xm, p. 4?$»
264 des moy. empl. pour recon. LORIG. , ETC.
même liquide, surtout quand ce liquide est de l’eau de mer. Ce fait est facile à vérifier : si l’on plonge les deux bouts du fil de cuivre d’uiy multiplicateur dans une solution saline, on a toujours un courant qui va, en suivant le circuit, du coté le moins attaqué à celui qui l’est le plus. *
Nous ne prétendons pas pour cela que les résultats qu’il a obtenus soient uniquement dus à la cause que nous venons d’indiquer; mais nous pensons que cette cause a dû influer d une manière déterminante sur leur production. Le seul moyen de s’en débarrasser, comme nous l’avons déjà avancé, est de faire passer la décharge de la torpille dans un tube de verre rempli d’eau distillée.
945. Ces appareils ne sont pas les seuls qui aient servi à étudier les propriétés électriques de la torpille; il en est un autre, doué d’une excessive sensibilité, mais dont l’emploi exige les mêmes précautions que celles que nous venons de signaler; nous voulons parler de la grenouille préparée à la manière de Galvani. L’expérience a été faite par Galvani lui-même. La grenouille préparée ayant été placée sur une partie quelconque du poisson, s’est vivement contractée, et il en a été encore de même quand il l’a étendue sur une table humide, à une certaine distance de la torpille, lorsque celle-ci paraissait tranquille. Volta en a inféré que les organes qui possèdent cette faculté sont toujours en action par suite du passage continuel du fluide électrique du dessus au dessous de l’animal , et vice versa . Il est très-remarquable qu’il ait pressenti, dès cette époque, que la décharge devait s’effectuer, comme on l’a découvert dans ces derniers temps.
946. Voici les résultats que nous avons obtenus avec M. Breschet, à Venise, en suivant la méthode d’expérimentation précédemment indiquée.
Les torpilles sont assez abondantes dans la Méditerranée et sur les bords de l’Océan où il existe des basfonds marécageux; mais, comme elles sont difficilement