‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 172 sur 216 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

transportables, il faut se rendre, pour opérer, dans les lieux même ou on les pêche, si l’on veut qu’elles n’aient rien perdu de leur vitalité. Chioggia est l’endroit le plus rapproché de Venise où l’on puisse s’en procurer avec facilité.

Les torpilles sur lesquelles nous avons opéré avaient de 6 à ] 2 pouces de long. Nous avons commencé par constater la propriété qu’on leur a reconnue depuis longtemps de donner une commotion absolument semblable à celle de la bouteille de Leyde, quand on les touche du doigt, en les irritant. Le coup est effectivement plus ou moins douloureux , suivant que le contact se fait par une surface plus ou moins large, sur une partie quelconque du corps autre que la queue, que l’on peut toucher impunément sans recevoir le choc. Si l’on veut obtenir des effets bien marqués, il faut porter la main sur la partie moyenne du corps, et principalement sur les points correspondants à un organe particulier où afflue l’électricité. Selon la vitalité de l’animal, la commotion se fait sentir dans les articulations du doigt, dans le poignet, dans le coude et même dans l’épaule. L'effet étant sensible, même lorsqu’on ne le touche qu’avec un seul doigt, il faut en conclure que celui-ci donne passage à une portion de la décharge qui s’effectue dans l’intérieur de l’organe à l’instant où l’animal est irrité.

Cet effet est donc le résultat d’un choc latéral analogue à celui que l’on obtient dans l’expérience suivante : lorsqu’on place une bouteille de Leyde chargée sur un drap mouillé, et qu’on la décharge de manière que celui-ci fasse partie du circuit, des grenouilles préparées, poséès dessus, annoncent, par leurs contractions, que le courant s’est répandu dans le drap entier. D’après cela, la quantité d’électricité qui échappe à la décharge principale n’est qu’une faible portion de celle qui circule dans l’organe de la torpille.

947. D’un autre coté, comme la torpille dirige la décharge là où elle veut, là où elle se sent irritée, blessée, il faut supposer que cette décharge ne se fait pas à la fois

Page 1