‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 179 sur 216 · CHAPITRE îll · texte numérisé non relu

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953. Voyons maintenant de quelle manière M. John Davy a envisagé le phénomène : désirant d’abord reconnaître jusqu’à quel point l’organe particulier possède la propriété contractile, il a soumis une torpille vivante à l’action d’une pile voltaïque; les effets ont été très* distincts sur les muscles dépendant de la volonté, tandis que les organes électriques n’ont pas paru affectés, de quelque manière que fussent appliqués les fils, meme lorsque l’un d’eux, était mis en contact avec un des gros faisceaux de nerfs. Le résultat fut encore le même après la mort.

D’autres stimulants, substitués au fluide électrique, ont donné également des résultats négatifs pour l’organe électrique, lors même qu’on l’avait incisé. Cet organe ne paraît donc pas doué de contractilité.

g54- Ces expériences prouvent que les organes électriques de la torpille ne peuvent être assimilés aux muscles, et doivent être considérés seulement comme des tubes formés de fibres tendineuses et nerveuses, distendues par un épais liquide gélatineux, et entourées de muscles puissants, qui les pressent assez fortement pour que la condensation , si elle est nécessaire au dégagement de l’électricité, puisse s’effectuer sans difficulté.

955. Pour bien concevoir la manière dont M. John Davy envisage les effets électriques de la torpille dans ses rapports avec les fonctions vitales, il faudrait entrer dans une foule de détails anatomiques qui ne sauraient trouver place ici. Nous ne pouvons seulement que rapporter quelques faits généraux et les conséquences principales que l’habile chimiste anglais a déduites de ses observations. Ayant d’abord constaté que les nerfs gastriques dérivent des nerfs électriques, il émet l’opinion que le superflu de l’électricité, qui n’est pas nécessaire pour la défense de l’animal, est dirigé vers l’estomac pour activer la digestion. Le fait suivant tend effectivement à

confirmer cette manière de voir : si Ton excite fréquemment un poisson vivant pour en obtenir des chocs, la digestion paraît être complètement arrêtée. Dans une de ses ÏT. - î8

Ijk DESCRIP. UES ORG. PART. AUX P01SS., ETC.

expériences, il a trouvé, après la mort de ranimai, dans son estomac un petit poisson qu’il avait avalé, mais qui

n’était pas encore digéré.

cp6. M. John Davy a aussi émis la conjecture que les branchies, au moyen de l’électricité, ont probablement la propriété de décomposer l’eau pour se procurer l’oxigène dont les torpilles ont besoin quand elles sont couvertes de vase ou de sable, là où l’air leur manque. Jusqu’ici aucun fait n’est en opposition avec cette manière de voir, ni ne vient la confirmer.

g 57. Dans la torpille, le système muqueux occupe une place importante. 11 consiste en plusieurs groupements de glandes distribués, particulièrement autour des organes électriques, à différentes profondeurs, audessous de la peau et en gros vaisseaux transparents, de longueur et de dimension différentes, s’ouvrant extérieurement dans la peau, afin de laisser s’écouler le mucus épais sécrété par les glandes et destiné à lubrifier la surface. Ce système est beaucoup plus développé dans la torpille que dans toutes les autres espèces de raies.

908. Ce mucus paraît meilleur conducteur que l’eau de mer; car, lorsque les mains en sont imprégnées, ou bien quand un morceau frais de la peau de la torpille, avec le mucus qui y adhère, recouvre les extrémités des fils de contact que l’on tient à lamain, le choc paraît plus fort que d’ordinaire : l’observation suivante vient encore confirmer l’assertion précédente. Lorsqu’on place, sous une torpille très-vive, un fil de métal, de manière que l’un des bouts se rende à la bouche et l’autre à l’extrémité du dos, hors du cercle de l’appareil muqueux, le choc électrique n’a d’effet ni sur le multiplicateur introduit dans le circuit, ni sur les aiguilles de la spirale faisant également partie du circuit; mais si un autre fil touche l’organe électrique., le fil inférieur étant placé comme cidessus, les deux appareils accusent alors des effets, tant que l’on transporte les deux fils à coté l’un de l’autre chacun à environ un quart de pouce de distance, le fil supérJèuE ne communiquant avec les organes électriques

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que par les téguments communs et l’appareil muqueux,

959. Il est digne de remarque que le petit espace en avant, qui est intermédiaire entre les deux organes électriques, et qui possède un si grand nombre de glandes et de nerfs, n’ait qu’une sensibilité électrique très-faible.

La relation qui existe entre les nerfs électriques et le système muqueux a fait supposer que les fonctions électriques 11e sont pas seulement aidées par la sécrétion du mucus, mais qu’elles favorisent aussi cette sécrétion, et qu’ainsi, comme on l’a supposé pour l’estomac, toutes les fois que l’électricité n’est pas employée a repousser un ennemi par de violents efforts, cette fonction peut contribuer a augmenter l’activité de ces glandes. On a observé effectivement, à l’appui de celte conjecture, dans des poissons conservés, que, là 011 la digestion est arretée, la sécrétion du mucus parait l’être aussi, et même est considérablement diminuée. Enfin nous terminerons ce que nous avons à rapporter touchant les recherches anatomiques et physiologiques de M. John Daw, sur la torpille, en disant que, dans son opinion, le mode de production de l’électricité est encore enveloppé de mystère; qu’il dépend de l’action vitale, puisqu’il est impossible d’obtenir des traces d’électricité aussitôt que l’animal n’existe plus, et qu’il ne ressemble à aucun de ceux qui ont été mis en usage pour exciter la puissance électrique dans les corps.

060. Galvani, en cherchant à prouver que les organes électriques de la torpille sont les conducteurs du fluide élaboré dans le cerveau, a fait quelques expériences à ce sujet, dont nous allons rapporter les principales.

i° Avant pris une torpille, il coupa longitudinale ment une portion de son corps avec un des organes électriques, en laissant intacte, dans sa situation naturelle, la portion qui contenait l’autre réunie à la tête. Cette dernière partie du corps donna la secousse, tandis que l’autre s’y refusa constamment. Une observation semblable a été faite par Todd.

.2° La tête de la torpille ayant été coupée, les deux

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