‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 193 sur 216 · C)2 THEORIE DES CONTRA.CT. FONDÉE SUR, ETC · texte numérisé non relu

C)2 THEORIE DES CONTRA.CT. FONDÉE SUR, ETC

suit une direction opposée, il y a douleur, et les contractions sont à peine marquées. Ce fait, comme nous l’avons déjà dit, nous apprend que le nerf n’étant pas également constitué dans les deux sens, laisse passer plus difficilement le courant dans le sens opposé aux ramifications que dans l’autre; dans le premier cas, il est obligé d’écarter l’obstacle qu’il rencontre, ce qui ne peut avoir lieu qu’en irritant le nerf, d’où résulte pour l’animal un sentiment de douleur.

Appliquons ceci aux effets qui ont lieu lorsqu’on excite un nerf, d’une manière quelconque : sa constitution n’étant pas la même dans les deux sens, il en résulte trèsprobablement deux ébranlements différents; celui qui est dirigé dans le sens des ramifications porte le mouvement, celui qui chemine en sens inverse transmet au cerveau la sensation. Telles sont les conséquences auxquelles nous conduisent l’application des phénomènes électriques à la physiologie.

On peut faire une objection sérieuse à la théorie que nous venons d’exposer; aussi est-ce un devoir pour nous de ne pas la dissimuler. L’expérience prouve qu’il existe une différence caractéristique entre l’action des excitants ordinaires, et celle de l’électricité, quand l’une et l’autre s’exercent au-dessus d’une ligature pratiquée en un point quelconque du trajet d’un nerf. Dans le premier cas, le muscle situé au-dessous de la ligature reste tranquille, même lorsque la volonté agit; dans le second, il se contracte. D’où cela peut-il provenir : lorsque l’on fait passer un courant dans un nerf, pendant un temps très-court, mais appréciable; la quantité d’électricité qui s’écoule est immense. Or, dans l’acte de la volonté, il est très-probable que l’on n’a qu’une décharge instantanée due à une quantité d’électricité infiniment moindre que celle dont nous disposons pour faire contracter un muscle; dès-lors on peut concevoir pourquoi les effets physiologiques ne sont pas les mêmes dans les deux cas.

Nous nous arrêtons , dans la crainte de nous jeter dans des considérations métaphysiques étrangères à notre sujet.

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