‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 199 sur 216 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de contraction sur la grenouille, en prenant pour conducteur une feuille de coehléaria.

983. Voyons maintenànt les tentatives que l’on a faites pour reconnaître des courants dans les organes. Les deux extrémités en platine du fil d’un multiplicateur ont été mises en contact avec un nerf, en deux points différents ; à l’instant où on l’irritait, on a obtenu des effets électriques qui sont dus très-probablement à la réaction du liquide adhérent au nerf sur les corps étrangers qui se trouvaient sur la surface du platine. Dès lors ces résultats ne sont d’aucune valeur.

984* M. Donné (1) a suivi une autre marche; il s’est attaché à découvrir quelques-unes des conditions nécessaires pour la manifestation des courants électriques; en conséquence il a cherché à découvrir les parties qui sécrètent des acides ou des alcalis, parce que la réaction de ces deux corps, par l’intermédiaire des organes ou des tissus, peut donner naissance à des courants.

Les recherches les plus modernes s’accordent à considérer la salive comme alcaline, le suc gastrique comme acide, et le liquide sécrété par la peau comme ayant tous les caractères de l’acide acétique. Les sérosités, les synovies sont alcalines, l’urine acide, etc. Nous ne le suivrons pas dans les recherches qu’il a faites pour déterminer la nature acide ou alcaline de certaines parties soit dans l’homme, soit dans les animaux; nous dirons seulement que le mucus de l’œsophage lui a paru neutre pendant la digestion, jusqu’à l’orifice de l’estomac, et la membrane muqueuse du même organe tapissée d’un liquide fortement acide jusqu’à l’orifice du pylore. Au delà, et dès le commencement du duodénum, le mucus intestinal est alcalin, et cela dans toute l’étendue du canal digestif. Le rectum sécrète également un mucus alcalin, peut-être à cause de la bile qui donne son caractère alcalin à toutes les parties adjacentes.

(1) Annales de Ch. et de Phys. , t. lvii, p. 398.

3ôO TENTATIV. FAITES POUR CONSTAT. l’eXIST., ETC.

985. M. Donné est parti de ces diverses indications, pour montrer qu’il existe des courants électriques dans les animaux, a la surface des membranes, et dans les organes hétérogènes. Il s’est appuyé, pour cela, sur ce principe que lorsque deux corps, l’un acide, et l’autre alcalin ( ou bien jouant chacun ce rôle dans leurs réactions réciproques ), sont séparés par une membrane, il s’opère continuellement par son intermédiaire une foule de courants électriques.

Le corps humain est donc renfermé entre deux membranes, l’une extérieure acide, l’autre intérieure alcaline dans toute son étendue, sauf quelques points limités qui sont en dehors. Pour prouver qu’il résulte de cette disposition des effets électriques analogues à ceux que l’on trouve dans la réaction des acides sur les alcalis, on place une lame de platine en communication avec une des extrémités du fil d’un multiplicateur dans la bouche qui est alcaline, et l’on met une autre lame, communiquant avec l’autre extrémité du mulplicateur, sur la peau qui jouit de l’acidité. L’aiguille aimantée est déviée, suivant la sensibilité de l’appareil, de 1 5, 20 et quelquefois 3o degrés. La muqueuse de la bouche fournit au courant l’électricité négative et la peau l’électricité positive, comme cela devait être, puisque l’alcali, en se combinant avec l’acide, laisse échapper de l’électricité négative, et l’acide de l’électricité positive.

M. Donné a trouvé, comme on devait s’y attendre, des effets semblables, en soumettant à l’expérience des organes qui présentaient les mêmes différences dans leur composition chimique. Nous citerons particulièrement l’estomac et le foie, dont l’un sécrète un acide et l’autre un alcali ; aussi obtient-ou un courant énergique en mettant en contact l’une des lames avec la muqueuse gastrique, et l’autre avec la vésicule biliaire.

986. Les courants électriques dont nous venons de signaler l’existence sont dus à des effets secondaires, puisqu’ils sont la conséquence de la réaction des acides sur les alcalis, qui ont été formés en vertu de forces

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