‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 208 sur 216 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

éprouve des convulsions plus ou moins fortes, qui frappent de paralysie ou entraînent ia mort, suivant la force de la décharge. Il pense, d’après cela, qu’un afflux d’électricité animale vers le cerveau peut occasionner des accidents aussi graves, et que cette cause doit produire plus facilement et plus promptement ses effets, si elle attaque directement l’organe cérébral, que si elle agit uniquement sur le nerf, attendu que, dans le premier cas, il en résulte des maladies idiopathiques, et, dans le second, des maladies sympathiques. Galvani appuyait son hypothèse sur l’observation qu’on a faite touchant les épileptiques, savoir, que la plupart d’entre eux ressentent, à l’instant de l’accès, comme un courant d’air, qui leur monte de l’estomac, du bas-ventre, ou des extrémités inférieures vers le cerveau. Il arrive quelquefois qu’en faisant une forte ligature à la jambe l’accès n’a pas lieu; suivant lui, c’est un moyen de s’opposer à la transmission du courant vers le cerveau.

Voici maintenant, suivant Galvani, la manière d’administrer l’électricité. Il faut avoir égard à trois circonstances principales : i°à celle ou l’électricité artificielle agit promptement et avec violence sur l’économie animale, comme dans l’expérience de la bouteille de Leyde ; a° à celle où cette meme électricité agit d’une manière lente et successive, et que l’on désigne sous le nom de bain électrique ; 3° enfin, à celle où l’on retire de l’animal une quantité d’électricité donnée, comme lorsqu’on emploie 1 électricité négative, les mouvements convulsifs dépendant d’une électricité animale viciée et exubérante qui, sollicitée par des causes souvent trèslégères, est entraînée vers le cerveau et les nerfs, ou de quelques principes acres et stimulants qui portent leur action sur ces organes.

Dans le premier cas, l’électricité négative sera trèsefficace; dans le second, ce sera l’électricité positive, surtout si l’on a l'attention de diriger son effet immédiatement sur les nerfs affectés. Il recommande, d’après

CONCLUSION

cela, de déterminer toujours dans les maladies convulsives celle des deux électricités qu’il convient d’employer. Il dit aussi que, lorsque l’état électrique de l’air est très-abondant , il faut avoir égard à cette circonstance. Suivant Galvani, le moyen préférable à tous les autres dans l’application de l’électricité négative, c’est celui de faire communiquer celle qui réside dans les muscles d’une partie avec les nerfs de la partie malade; ce moyen est le plus efficace pour transmettre l’électricité animale des muscles aux nerfs affectés, et d’expulser les substances étrangères qui les irritent,

CONCLUSION

ioï8. Nous croyons avoir présenté dans ce volume l’ensemble des faits qui peuvent donner une idée aussi complète que possible de l’état actuel de nos connaissances sur l’action physiologique de l’électricité. Ces faits suffisent pour montrer que l’électricité joue probablement un grand rôle dans l’économie animale, aussi doit-elle être comptée au rang des causes qui entretiennent la vie dans les corps organisés. Mais de quelle manière ces corps, quand ils commencent à se développer, mettent-ils en mouvement le principe électrique dont l’action persévère pendant toute leur vie? c’est ce que nous ignorons complètement. C’est là, sans doute, un des mystères de la création, que l’homme ne pourra jamais pénétrer. Le lecteur a pu voir avec quelle circonspection nous avons mis en avant nos opinions touchant l’action physiologique de l’électricité , dans la crainte de l’induire en erreur sur la cause des plus grands phénomènes de la nature ; nous nous estimerons heureux si elles peuvent engager les physiciens et les physiologistes à continuer des recherches qui intéressent à un haut degré la philosophie. Quant à l’application de l’électricité à l’art de guérir , malgré les tenta-

CONCLUSION

tives nombreuses qui ont été faites à ce sujet depuis plus de quarante ans, nous n’avons encore recueilli que trèspeu d’observations probantes, excepté cependant en ce qui concerne Jes maladies nerveuses, où les faits commencent à se grouper, pour montrer qu’elle peut exercer sur elles une influence salutaire, quand elle est dirigée par un physiologiste habile.

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