CH A.PITRE V
cite atmosphérique sur les végétaux en général. Nous ' avons dit que lorsque l’électricité libre s’écoule par un conducteur humide, sans l’intermédiaire d’aucun conducteur métallique, il s’opère toujours des réactions chimiques, dont M. Faraday a bien constaté l’existence. Si nous considérons maintenant l’électricité de l’atmosphère, qui est constamment positive dans les temps sereins, et tantôt positive, tantôt négative dans toute autre circonstance, la terre étant toujours dans un état électrique opposé, nous voyons qu’il doit se produire continuellement des décharges par l’intermédiaire de tous les corps qui se trouvent à la surface de la terre, tels que les animaux , les hommes , etc. Dès lors, il doit s’opérer , par suite du passage de l’électricité dans ces derniers, une suite de décompositions et de recompositions chimiques, qui contrarient ou favorisent faction des forces vitales, suivant le sens dans lequel elles s’exercent. Dans l’état ordinaire de l’atmosphère, l’électricité que l’air cède à la terre étant toujours positive, elle doit déposer sur la surface du corps des composés acides. Or, nous savons que les liquides qui sont sécrétés à la peau sont ordinairement acides, par conséquent, l’électricité positive de l’atmosphère dans les temps calmes ne peut que favoriser cette sécrétion. Si l’électricité est négative, la réaction chimique contrarie le j eu des forces organiques, puisqu’elle tend à attirer sur la peau des composés alcalins. Voilà tout ce que nous pouvons dire , pour l’instant, concernant faction de l’électricité atmosphérique sur les corps animés. Ce n’est pas là une conjecture, mais bien une assertion fondée sur des faits positifs.
§ VIII. Vues de Galvani sur les applications de V électricité à la médecine.
1017. Nous ne devons pas terminer ce chapitre sans faire connaître la manière de voir de Galvani , quelque singulière qu elle paraisse à l’époque actuelle , touchant
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le rôle que joue l’électricité dans l'économie «animale. L’histoire de la science le réclame, et en outre quelquesuns des aperçus ingénieux qu’elle lui a suggérés pourront servir aux physiologistes.
Galvani attribuait les douleurs vives et les contractions musculaires, dans les affections rhumatismales graves, à des humeurs extravasées placées sur la surface du nerf, et qui agissaient non-seulement par l’iri dation qu’elles y produisaient, mais encore en fournissant au fluide électrique une espèce d’arc ou d’armature plus considérable. 11 expliquait, d’après la même manière de voit', les contractions fréquentes et surtout mortelles qui se déclarent aussitôt que des liquides s’amassent, soit entre le cerveau et la pie-mère, soit entre cette membrane et la dure-mère, soit dans les ventricules du cerveau, soit entre la moelle épinière et le canal vertébral, ou entre les nerfs et leurs propres enveloppes. Il attribuait aussi ce phénomène au changement survenu dans les couches de matière isolante dont les nerfs étaient, suivant lui, environnés. Ces couches, en s’altérant, devenant conductrices, il en résultait que le torrent électrique trouvait un plus libre passage, et devait produire de fortes et violentes commotions. 11 pensait que le tétanos était produit par une cause semblable.
Galvani chercha ensuite à expliquer, d’après la même théorie, l’état contraire, c’est-à-dire la perte absolue de la faculté contractile, d’où résulte la paralysie. Il attribua cette dernière à l’interposition d’un corps non conducteur, qui s’opposait au passage du fluide électrique du muscle au nerf et du nerf au muscle. Galvani convient qu’on ne peut expliquer ainsi que les paralysies ou les apoplexies qui se développent lentement; il a comparé les phénomènes apoplectiques ou épileptiques aux effets obtenus par l’application artificielle de l’électricité aux animaux, et il y trouve la plus grande analogie. Si l’on fait passer la décharge, dit-il, du conducteur de la bouteille de Leyde par le cerveau, les nerfs ou. la moelle épinière d’un animal, celui-ei