‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 40 sur 216 · CHAPITRE Iil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iil

niants taillés sont devenus lumineux, pendant 5 ou 6 minutes, à la première impression de la chaleur. Cette différence dans les effets a fait supposer à M. Dessaignes que les diamants ne devenaient lumineux qu’autant qu’on présentait à la chaleur des faces cpnvenablement inclinées par rapport à l’axe, et polies. Pour justifier sa conjecture, il a fracturé un des trois diamants bruts pour y faire naître des pointes; tous les fragments ont exhalé sur le support une lumière aussi vive que celle du diamant taillé; il fut donc prouvé par là que ce dernier ne devait sa phosphorescence qu’aux aspérités que la coupe du lapidaire avait fait naître sur des lames clivées naturellement. Cette expérience a été répétée avec le même succès sur plus de cinquante diamants , ce qui ne doit laisser par conséquent aucun doute sur l’exactitude de l’explication.

69 5. Les phénomènes que nous venons de faire connaître sont beaucoup moins sensibles dans la phosphorescence par insolation , qui est moins énergique que celle qui est produite par l’application de la chaleur. Nous prendrons, pour exemple, le spath d’Islande rhomboïdal limpide, qui n’est pas phosphorescent par insolation; si l’on fait l’expérience rapidement, on aperçoit seulement des traces lumineuses sur les arêtes. On observe des effets semblables avec l’arragonite prismatique limpide et quelques autres substances.

Les cristaux cubiques de spath fluor limpides, ou colorés en jaune ou en violet, restent ténébreux tant que leurs faces jouissent de leur poli naturel ; mais aussitôt qu’ils sont fracturés ou dépolis , ds deviennent lumineux. Nous citerons encore l’adulaire et le soufre natif cristallisé. Les diamants offrent des effets remarquables par insolation, relativement aux aspérités. Un grand nombre de diamants bruts, de différentes formes, ont été présentés successivement au soleil sans pouvoir y développer la faculté lumineuse; mais en soumettant à l’expérience les fragments de plusieurs de ces diamants, que l’on avait fracturés, ils ont été lumineux dans l’obscurité. En général , la phosphorescence des diamants 11e dépend que

Go. 1NFL. DES MASSES SUR LA PROD. DE LA PHOSPII.

du sens dans lequel les lames de superposition se présentent à l’action de la lumière solaire, et des aspérités qui les recouvrent.

696. Cette analogie entre le pouvoir des pointes métalliques, pour soutirer l’électricité accumulée sur un corps, et celui que manifestent les aspérités et les arêtes de tous les corps pour déterminer la phosphorescence, indique une nouvelle relation entre la lumière électrique et la lumière phosphorique. D’après notre manière de voir, l’électricité dégagée par toutes les causes qui développent la phosphorescence, doit acquérir une tension plus grande sur les parties aiguës des corps que partout ailleurs; aussi la lumière électrique qui résulte de l’intensité de cette tension, doit-elle être plus vive que sur les surfaces polies. Nous ferons remarquer encore que les mouvements oscillatoires des particules qui sont accompagnés d’effets électriques doivent être plus grands sur les aspérités que partout ailleurs, puisque la force d’agrégation tend d’autant moins à affaiblir ces mouvements.

§ ÏV. De r influence des masses sur la production de

la phosphorescence.

697. On a remarqué que plusieurs substances ne présentent pas les mêmes résultats au feu, selon qu’elles sont en masse ou en poudre. Un cristal de spath d’Islande limpide, par exemple, d’un millimètre d’épaisseur, mis sur la pelle chaude, devient lumineux dans toute sa masse, tandis qu’il ne produit rien quand il est réduit en poudre. L’arragonite ne se comporte pas de même : un cristal de cette substance, de la grosseur de 4 011 5 millimètres, acquiert une vive lueur jaune sur le charbon ou sur la pelle, et devient encore plus lumineux quand il est réduit en petits fragments. Sa lumière ne répand qu’une lueur bleuâtre sur la pelle obscure.

Le feldspath adulaire cristallisé n’est pas phosphorescent en masse sur le support incandescent, tandis

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