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Si Ton mêle du nitrate de chaux avec du nitrate

de fer, depuis ~ de son poids jusqu’à — -, le tout dissous dans l’eau et chauffé ensuite dans une capsule de porcelaine jusqu’à siccité, ces divers mélanges résistent tous à l’insolation. La phosphorescence ne commence à paraître que lorsque la substance métallique ne se trouve dans le mélange que dans la proportion de à partir

de ce point, jusqu’à , elle s’accroît sensiblement; mais la lueur n’est jamais aussi vive , ni aussi durable qu’avec le nitrate de chaux pur.

§ III. De l’influence de l’état des surfaces des corps

sur la phosphorescence.

691. L’état des surfaces influe singulièrement sur le développement de la phosphorescence ; lorsqu’elles sont couvertes d’aspérités, leur mode d’action a de l’analogie avec celui des pointes métalliques en présence d’un corps électrisé.

Un cristal de spath fluor limpide qui n’est pas phosphorescent , le devient quand on a fait naître des fractures et qu’on le pose ensuite sur un support chauffé au-dessous de la température rouge.

Si l’on use sur un grès deux faces correspondantes d’un cube de spath fluor non phosphorescent, et qu’on le place sur un support chaud par les faces usées, il devient sensiblement phosphorescent au bout de 4o secondes, tandis qu’il ne se produit aucun effet quand on applique sur le support les faces non usées.

Quand une lame de verre de-- millimètre d’épaisseur est mise.sur une pelle de fer, à l’instant 011 elle cesse de rougir, on aperçoit un commencement de phosphorescence sur les bords fracturés; la phosphorescence augmente peu à peu et finit par se répandre dans toute la masse.

692. U y a beaucoup de substances, telles que le cristal de roche, l’adulaire limpide, la chaux phosphatée

60 tnfl. de l’état des surf, des corps, etc.

et l’émeraude, qui ne deviennent phosphorescentes à. aucune température, tant que leurs faces jouissent de leur poli naturel; mais aussitôt qu’elles ont été dépolies, elles deviennent lumineuses sur un support incandescent. Quant aux corindons, ils sont tout à fait réfractaires dans ce cas-là.

698. M. Dessaignes est parti de cette influence des aspérités et des pointes sur la phosphorescence , pour etudier ce qui arrive quand on applique la chaleur dans un sens perpendiculaire ou parallèle aux lames de superposition des cristaux. Prenons la chaux carbonatée prismatique : si l’on place le cristal sur le support chaud, par l’une de ses faces, il devient lumineux au bout de 3o secondes dans toute sa masse. Si, après le refroidissement, on y pratique une section parallèle au plan des lames, pour obtenir une base inclinée, et qu’on l’applique par cette base sur le support, il n’y a aucune émission de lumière. L’arragonite offre des effets plus remarquables encore. Un p risme hexagonal, de 48 millimètres de hauteur et de 8 d’épaisseur, ayant été placé par une de ses faces sur la pelle obscurément chaude , elle prit une belle couleur jaune, dans toute sa masse, au bout de l\o ou 5o secondes. En posant le cristal sur l’une de ses bases, il n’y eut aucune émission de lumière, quel que fût le temps pendant lequel le cristal resta sur le support. Le résultat a été le même avec un prisme hexagonal trèscourt. Ainsi l’épaisseur du cristal n’a exercé aucune influence sur le phénomène.

Les expériences précédentes nous indiquent donc que la cristallisation influe sur la phosphorescence, puisque, lorsque la chaleur chemine dans des sens plus ou moins perpendiculaires aux lames cristallines, la phosphorescence devient plus ou moins forte.

694. Le diamant, parmi les corps durs, est celui qui montre d’une manière remarquable l’influence du sens des lames cristallines : trois petits diamants octaèdres , ayant été placés successivement sur un support chaud, n’ont présenté aucune trace de phosphorescence. Des dia-

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