‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 45 sur 216 · CH4P1TRE III · texte numérisé non relu

CH4P1TRE III

tion, acquéraient des teintes colorées après avoir été électrisés, et jouissaient ensuite de la phosphorescence par l’élévation de température. Ces teintes provenaientelles d’un changement dans l’état d’agrégation des particules, ou de quelque modification dans leur composition chimique? Les expériences de M. Pearseall vont répondre à ces questions. Un certain nombre de cristaux ayant été soumis à l’expérience, un cristal, entre autres, qui paraissait avoir une couleur vert pâle, vu par réfraction, et bleu par réflexion, fut chauffé au rouge; il devint incolore, et ses bords acquirent une teinte bleue, après qu’on l’eut exposé à l’action de quarante décharges électriques. De cette expérience et de plusieurs autres que nous ne rapportons pas ici, et dans l’une desquelles les choses étaient disposées pour que les décharges trouvassent sur leur passage des matières métalliques qu’elles pouvaient transporter, le physicien en a tiré la conséquence que les teintes acquises ne provenaient pas d’un dépôt de matières étrangères, opéré par les décharges électriques, mais étaient bien dues à un changement dans la structure.

Nous pensons que, par suite de ce changement, les particules se trouvent dans un état d’équilibre instable* qui peut être détruit par des causes très-légères, telles que la lumière, une faible chaleur. Une fois qu’il n’existe plus, la phosphorescence doit être nulle ou très-affaiblie, puisque les effets électriques n’ont plus lieu, du moins en partie.

yo5. Si I on examine avec attention la répartition des nuances colorées que prennent les spaths fluors électrisés, on trouve que sur quelques-uns les teintes roses sont plus vives le long des bords, et s’adoucissent sur les surfaces; que sur d’autres, les teintes bleues sont plus fortes sur les angles des fragments et sur les angles solides des fentes. On observe une distribution semblable de couleurs dans les cristaux de grande dimension et dans les échantillons ou les couleurs sont inégalement

68 1NÏ%. DE LA COLOB. DES COBPS SUR, ETC.

réparties. Les partions de fluor qui sont naturellement les plus colorées, sont aussi celles qui, après avoir été blanchies par l’action de la chaleur et avoir perdu leur faculté lumineuse, recouvrent le plus promptement, par l’électricité, les couleurs qui leur sont propres et la faculté lumineuse qui les accompagne.

Des effets analogues se retrouvent dans les tourmalines. Les cristaux qui sont bruns et transparents sont ceux dans lesquels la propriété électrique est la plus énergique , tandis que ceux qui sont incolores paraissent en jouir à un faible degré. Les tourmalines opaques montrent cette propriété à un haut degré; et lorsqu’elles renferment beaucoup de fer, elles en sont privées.

•706. Les naturalistes citent un grand nombre de substances, et particulièrement de variétés de spath fluor et de chaux phosphatée, qui jouissent pendant quelque temps , après leur sortie du sein de la terre, de la faculté lumineuse, et qui la perdent ensuite graduellement. Il est infiniment probable que la perte de cette propriété doit être attribuée à un changement dans le groupement des particules qui s’est opéré par l’action répétée de la lumière solaire, ou par les variations de température. Cette opinion est appuyée des faits que nous avons|déjà rapportés.

*707. Essayons maintenant de nous rendre compte de l’effet des décharges électriques sur les corps pour les rendre phosphorescents. Ces décharges, suivant toutes les apparences et les observations que nous avons fait connaître, déterminent entre les particules des mouments particuliers de vibration qui tendent à affaiblir, non-seulement la force d’agrégation des particules, mais encore les affinités qui unissent les éléments de ces mêmes particules. Ces décharges se renouvelant, les oscillations augmentent graduellement jusqu’au point où les particules prennent un autre mode d’arrangement qui n’est pas aussi stable que le premier. Tant qu’elles possèdent ce nouvel état d’équilibre, la moindre cause tend

Si

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