CHAPITRE PREMIER
vaste réservoir d’électricité positive, dont l’intensité est soumise à des variations qui donnent deux maxima et deux tninima toutes les vingt-quatre heures.
720. Pour se livrer à des observations suivies sur l’électricité atmosphérique, il faut élever sur le haut d’un bâtiment une tige de fer terminée en pointe, de 7 à 8 mètres de hauteur, isolée aussi bien que possible du toit, et mise en communication , au moyen d’une chaîne ou d’une tige métallique, avec un électromètre placé dans une pièce intérieure.
Cette chaîne, ou cette tige, communique elle-même avec la terre par rintermédiaire d’un autre conducteur métallique, dont une portion est mobile sur un genou, afin de pouvoir établir ou interrompre à volonté la communication avec l’appareil. Dans les temps d’orage et, toutes les fois que l’électricité de l’air est très-forte, il faut tenir le conducteur abaissé, dans la crainte d’être foudroyé. Cependant on peut se hasarder à foire des expériences, si on laisse une distance suffisante entre la tige et le conducteur pour transmettre h la terre une grande partie de la décharge. Ce ne sont là que des indications générales qui peuvent suffire pour établir un appareil électro-atmosphérique.
721. La principale difficulté consiste à isoler convenablement la barre de fer qui est élevée sur le bâtiment et à transmettre, sans altération sensible, à l’électro
un de ceux qui a isolé avec plus de soin cette tige. Nous allons donner quelques détails sur les moyens qu’il a employés , parce qu’ils pourront être utiles aux physiciens. Son appareil (fig. 1 a) consiste en une perche de sapin AB, de sept mètres de longueur, fixée solidement, à sa partie inférieure, sur un support A c en verre enduit de vernis à la gomme laque, au plancher d’une chambre située dans l’étage le plus élevé d’une maison. L’isolement par là est
(1) Transact. philos. 179a»
00 DES APPAR, DESTm. A RECUEIL. ET A MESUR.,ETC.
[Am parfait que lorsque les points d'appui sont exposés à ’air. La perche passe dans un cylindre creux de bois DD', qui traverse le plafond et le toit, et est fixé à ces derniers. Pour éviter que la pluie ne tombe dans la chambre, on attache un grand entonnoir de fer-blancDEF sur la perche, à une petite distance au-dessus de la partie supérieure du cylindre creux. On fixe à l’extrémité supérieure du mât plusieurs fils de cuivre^, de i à 2 [millimètres de diamètre, que Ton entrelace autour du mât; on les réunit en un seul que l’on conduit dans la chambre, puis on le termine par une boule de b métal de cinq centimètres de diamètre. De cette boule part un fil conducteur, qui établit à volonté la communication entre l’appareil et un électromètre; à 4 centimètres de distance de la boule, se trouve un timbre attaché à un fil de métal qui communique avec la terre. On suspend à un fil de soie, entre le timbre et la boule, une petite balle de cuivre. Ce carillon
électrique, quand il sonne, est destiné à avertir l’observateur de se mettre sur ses gardes.
72 *2. Pour des observations accidentelles, on se sert d’une canne de ligne à pêche, formée de plusieurs parties que l’on peut démonter à volonté. La partie antérieure est terminée par une tige de verre, à l’extrémité de laquelle se trouve une pointe de métal que l’on met en communication avec l’élecf romètre , au moven d’un fil de métal. Cette canne est placée ensuite en dehors de la croisée la plus élevée de la maison.
72 3. O11 emploie ordinairement plusieurs espèces d’électromètres pour accuser la présence de l’électricité atmosphérique, mais nous 11e décrirons que ceux dont on fait le plus généralement usage. L’électromètre de Saussure, quia reçu quelques modifications dont nous parlerons plus loin, est formé de deux fils fins de métal, terminés chacun par une petite balle de sureau et adaptés à une petite tig~ de métal, que l’on fixe à la partie supérieure d’une cloche carrée, de 5 ou 6 centimètres de coté, et dans i intérieur de laquelle se trouvent par conséquent les deux petits pendules.