‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 56 sur 216 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La tige est elle-même surmontée d’un conducteur terminé en pointe, composé de trois parties pouvant s’ajuster l’une dans l’autre et présentant une longueur de 8 à 10 centimètres. Ce conducteur est destiné à recueillir une plus grande quantité d’électricité. Pour préserver l’électromètre de la pluie ou de la neige, on visse, à la partie supérieure de la tige, un petit chapeau de laiton laminé , fort mince, de forme conique et d’un décimètre de diamètre. Le conducteur s’ajuste également a vis sur ce chapiteau. Une échelle divisée est appliquée sur une des faces de la cage de verre, pour apprécier les angles d’écart des deux petits pendules. L’appareil complet est représenté fig. 1 8.

Cet appareil donne ordinairement des signes d’électricité quand on l’élève de un à deux mètres au-dessus de la tête. Saussure a employé un moyen très-simple pour déterminer le rapport entre l’intensité de l’électricité et l’écartement correspondant des balles de sureau. Ayant pris deux électromètres désarmés, aussi égaux entre eux que possible, il électrisa l’un d’eux de manière que les boules de sureau s’écartaient de 6 lignes; avec le crochet de l’autre éîectromèlre , qui n’était point électrisé, il toucha le crochet de celui qui l’était : à l’instant même, l’électricité se partagea également entre eux, et la divergence fut dans l’un et dans fautre de 4 lignes. Il résulte de là qu’une di minution de moitié dans l’intensité de l’électricité n’avait réduit la divergence que de En enlevant l’électricité à l’un des électromètres et le mettant en contact avec l’autre , l’écartement fut de 2, 8. En répétant les mêmes expériences, elle ne fut plus que de i, 9, etc. Il parvient ainsi à former une table, qui change d’un appareil à l’autre, mais que tout observateur doit avoir l’attention d’établir avant de commencer une série régulière d’observations.

724. Volta a substitué au fil métallique deux petites pailles longues d’environ 2 pouces et larges de -r de ligne, suspendues à deux petits anneaux très-mobiles adaptés à la tige de l’électroinètre , et qui , dans l’état de IV. 6

8a DES CAUSES GÉNÉRALES.

repos, sont contiguës. Ces petites pailles, quand elles sont sèches, sont beaucoup plus légères que les fils métalliques armés de petites balles de sureau, et offrent, à égalité de poids, beaucoup plus de surface; avantage précieux dans les expériences de ce genre. Si Ton prend des pailles plus grosses, on peut mesurer des intensités électriques doubles, et même quadruples. Yolta a trouvé que les degrés se correspondent toujours dans le rapport donné de l’un à l’autre électromètre dans toute l’étendue de l’échelle. De plus, il a conclu, des nombreuses expériences quil a faites avec l’électromètre à pailles et l’électromètre à fils métalliques, terminés par des balles de sureau, que, dans celui-ci, les écartements ne sont pas proportionnels aux charges, comme Saussure l’avait déjà trouvé; tandis que, dans le premier, lorsqu’il est sensible ou médiocrement sensible, la marche est régulière jusqu’à 26°. Il a remarqué en outre que, si les pailles sont également longues, une différence sensible dans leur grosseur occasionne à peine quelques différences dans les déviations; que dès l’instant qu’elles ont moins d’un pouce de long , l’électromètre n’a plus la marche régulière des autres; enfin, qu’il est nécessaire que la petite cloche qui entoure les pailles 11e soit pas trop grande, dans la crainte que l’air intérieur ne conserve trop long-temps l’électricité qu’elle leur enlève à chaque instant.

7^5. Malgré l’autorité de Yolta, nous ne pouvons nous expliquer, d’après la loi qui régit les mouvements du pendule, comment il se fait que deux brins de paille, soumis à l’action de la pesanteur, donnent, jusqu’à 26°, des écartements proportionnels aux forces électriques. Au surplus, crainte d’erreurs, nous conseillons de construire une table des intensités suivant la méthode de Saussure.

Yolta a adopté la tige métallique dont ce dernier physicien avait armé son électromètre ; il a placé en outre, à l’extrémité de la pointe, un corps enflammé destiné à établir un courant d’air qui apportait

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